Les populations prises de la phobie des séismes

Les populations prises de la phobie des séismes

ALM : Des dizaines de personnes viennent régulièrement vous voir au siège de la municipalité. Que veulent-ils exactement ?
Mohamed Boudra : Mon bureau est grand ouvert. Comme vous l’avez vu, les habitants de la municipalité d’Al Hoceima ne cessent d’affluer. Ils veulent pratiquement tous la même chose. Un abri où passer la nuit. Vous savez, depuis la deuxième série de secousses et les victimes qu’elle a laissées, plus personne ne veut rester chez lui.
Même ceux dont les habitations sont en bonne état ont peur et passent ainsi la nuit dans les places publiques. La ville d’Al hoceima est en train de vivre une phobie généralisée. Les familles que vous voyez dormir dans les rues n’ont pas tous des maisons menacées de ruine.
Qu’est-ce que la municipalité a fait pour venir en aide à ces sinistrés ?
La municipalité a fait tout son possible, et même plus encore. Nous avons ouvert la salle omnisports de la ville où tout le monde est accueilli. Le problème est que, mercredi soir, nous n’avions encore rien reçu de la part des autorités. Ni tentes, ni matelas, ni nourriture. Rien du tout.
Je n’arrête pas d’harceler les autorités. Ces dernières nous ont appris qu’elles vont monter, dans la municipalité d’Al Hoceima, deux campements. L’un proche de la plage de Calabonita et l’autre à côté d’une autre plage, Sabadiya.
Certains manifestants ont décidé d’aller crier leur colère devant la wilaya. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement, c’est ce qu’ils ont l’intention de faire. Je ne peux pas leur interdire de manifester leur colère, qui est de surcoît totalement légitime. Je pense que c’est l’unique solution qui leur reste à faire. Pour ma part, je n’ai pas quitté mon bureau. Je les ai invités à venir camper à l’intérieur même de la municipalité s’ils le désirent.
Que pensez-vous du manque de pain dans la ville ?
C’est un grave problème pour la ville. Les fours ne fonctionnent plus. Certains pensent que ces fours doivent être réquisitionnés. Je pense que l’aide de la ville de Nador nous est indispensable sur ce point. Car il est faut pas oublier que le nombre de personnes présentes actuellement à Al Hoceima a pratiquement doublé.
Qu’avez-vous fait pour calmer les esprits des habitants de votre municipalité ?
Je pense que personne ne peut prendre le risque de dire aux gens de regagner leurs domiciles. Ce que tout le monde doit comprendre, c’est que de nouvelles secousses peuvent survenir une semaine, un mois, une année ou même dix ans après. En attendant que les esprits se calment, il faut assurer aux habitants de la ville un minimum de confort.

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