Les positions du Maroc sont inchangées

Mohamed Benaissa, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, qui a participé aux travaux de la 19ème session du conseil ministériel de l’UMA, tenu à Alger les 16 et 17 janvier, a saisi l’occasion d’une interview au quotidien algérien en langue arabe Achourouq Aliaoumi pour réaffirmer la position du Maroc à l’égard de questions comme l’édification du Grand Maghreb, le Sahara marocain, les relations avec l’UE etc.
«L’accord-cadre défini par M.James Baker envoyé spécial de l’ONU fournit une solution définitive et globale qui satisfait toutes les parties au conflit et il n’y a pas à tarder sur une quelconque autre solution» a réaffirmé M. Benaissa, qui a souligné que «La préservation et la souveraineté nationale du Maroc et des autres pays de l’UMA, constitue le fondement de la construction du Maghreb. Et qu’il ne peut y avoir de promotion de l’Union aux dépens de la souveraineté nationale».
Pour le chef de la diplomatie marocaine, «la question du Sahara ne peut être ignorée. Par conséquent, il ne pourra se construire un Maghreb Arabe Uni sans un règlement définitif et global de ce problème». Voilà qui est dit et qui jette une nouvelle fois la lumière les bonnes dispositions clairement exprimées du Maroc à l’égard de son voisin de l’Est. A ce propos, M. Benaissa a déploré «qu’il n’y a pas eu de progrès quant au règlement des questions en suspens», ajoutant que ces différends «peuvent être transcendés par le dialogue et la confiance mutuelle».
«Les choses sont claires et il ne reste que la volonté et la nécessité de les traiter avec réalisme», a-t-il dit. Une invitation claire du Maroc à la partie algérienne pour qu’elle entame un dialogue global à même de mettre fin à tous les problèmes existants entre les deux voisins. Concernant la possibilité d’un sommet réunissant le président Bouteflika et SM le Roi Mohammed VI, le ministre a indiqué qu’un sommet entre les deux dirigeants n’etait pas prévu pour le moment.
Sur le plan maghrébin, M. Benaissa a estimé que la session ministérielle était importante et riche en décisions techniques relatives aux institutions de l’UMA, soulignant la nécessité de transcender les divergences politiques existantes dans l’espace maghrébin, afin de conforter la construction de l’union.
Le chef de la diplomatie marocaine a également traité des rapports des pays de l’UMA avec l’Union Européenne, partenaire de premier plan pour le Maroc comme pour l’Algérie et la Tunisie, qui constituent un marché très prisé par les grandes puissances économiques.
A cet égard il a écarté toute influence de l’actuelle présidence de l’Europe sur les relations euro-marocaines, notant que me royaume «traite avec l’union européenne en tant qu’un seul bloc et en tant qu’institution». Il a ajoute que «notre divergence avec l’Espagne ne se limite pas à la question sahraouie, mais englobe le problème de l’émigration illégale et la question de la récupération de Sebta et de Mellilia. La présidence européenne n’entamera pas notre position quant à la récupération de nos territoires ».
L’espoir et la volonté de mettre fin à toutes les divergences politiques constituent donc un objectif commun des pays de l’UMA, pourvu que le geste soit joint aux bonnes intentions.

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