Les principaux facteurs de l’insécurité à Salé

Les principaux facteurs de l’insécurité à Salé

Salé est une des villes les plus anciennes du pays, une des plus riches en civilisation et aussi des plus ouvertes au monde extérieur. Elle est jalouse de son identité propre jusqu’à faire de l’ombre à sa voisine, la capitale Rabat. Les deux villes sont le seul exemple au monde de deux villes séparées par un fleuve. Toutefois, voici plusieurs années que la ville de Salé a perdu de son lustre à cause du choix hasardeux d’en faire une cité-dortoir pour la capitale. Salé a ainsi vu sa population croître à un rythme effréné, ce qui a fait d’elle la seconde grande agglomération de tout le pays après Casablanca. La migration rurale et la prolifération des bidonvilles ont fait de Salé une ville fantôme frappée par une délinquance en recrudescence continue. Les statistiques relatives à la criminalité montrent clairement que les autorités n’arrivent pas à stabiliser l’ordre et la sécurité. Pour les habitants de la ville, l’insécurité s’explique par le manque de compétence des autorités et par d’autres facteurs à caractère socio-économique. Certes, à l’origine de cette situation devenue incontrôlable et de plus en plus indomptable, un ensemble de causes indépendantes de toute accusation sécuritaire. Pour commencer, les nouveaux quartiers construits sans aucune autorisation et sans aucun plan ont donné naissance à des bidonvilles devenus un lieu de prédilection pour des délinquants de tout bord. Des labyrinthes en béton submergent non seulement les sorties de la ville, et même le centre ville n’a pas été épargné de l’habitation insalubre. Il y’a aussi la division territoriale entre les services de l’ordre qui a créé un vrai désordre pour le maintien de l’ordre et de la sécurité : la Sûreté nationale contre la Gendarmerie Royale. S’il n’y a pas de doute sur la collaboration constante entre les deux services, cette limite territoriale est, en revanche, bel et bien, le plus grand problème de l’insécurité. La frontière entre les deux corps est placée à Ouad Eddahab qui n’est autre que le fameux quartier dit Lâayaida devenu depuis les événements du 16 mai un refuge pour les membres de la Salafia Jihadia. Pour pouvoir mettre fin aux projets terroristes de deux groupes takfiristes résidentss dans ce poste frontière, les éléments de la police judiciaire, qui ont organisé une descente, ont dû en demander l’autorisation auprès de l’état-major de la gendarmerie. Cette opération a permis l’arrestation de vingt membres recherchés sur le plan national. L’association des malfaiteurs qui avaient organisé le hold-up de la banque commerciale à l’aide d’armes à feu s’étaient refugés à Lâayaida pour échapper aux enquêteurs de la police. Ils ont été arrêtés au moment où les deux corps ont décidé de collaborer sans limite d’accès aux deux parties. Ledit quartier englobe une population de 160 000 habitants sous le contrôle d’une petite brigade de gendarmes qui se trouvent dans l’impossibilité det maintenir l’ordre et la sécurité. De toute façon, la gendarmerie n’est pas faite pour gérer l’agglomération. L’autre facteur qui participe amplement à l’insécurité de la ville de Salé et qui n’est pas des moindres est celui du pénitencier qui accueille des détenus des quatre coins du pays. A chaque fois que des prisonniers issus d’une autre ville sont libérés, ils commettent leurs premiers délits aux alentours de la maison d’arrêt. Pour rejoindre leurs villes d’habitation, ils doivent tout d’abord se procurer l’argent nécessaire au voyage ; quant aux SDF, ils cherchent à s’y installer pour reprendre leurs forfaits.

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