Les prisons : Une réalité alarmante

Quelque 59.000 détenus est le dernier chiffre de la population carcérale au Maroc avancé par le dernier rapport annuel de l’Observatoire Marocain des Prisons 2001-2002. Selon le rapport, le budget annuel accordé à l’administration pénitentiaire ne répond pas au minimum vital de cette population qui augmente de 12 % par an, en raison d’une augmentation de 5000 nouveaux détenus par an. Ce budget, qui était de 199.055.100 dirhams en 2001, devient de 194.665.100 dirhams en 2002, enregistrant par conséquent une baisse de l’ordre de 4.390.000 dirhams. Dans le même contexte, le budget annuel réservé à la médicalisation a connu une baisse de 10%, en passant de 11.680.000 dirhams à 10 millions de dirhams en 2001. C’est une réalité rend compte de l’effort déployé par l’administration pour tenir ses engagements stipulés par la loi 23/98 réglementant la gestion des établissements pénitentiaires au Maroc, précise le rapport.
Par ailleurs, le rapport précise que le nombre des établissements pénitentiaires au Maroc est de 46. Et que seulement deux nouveaux établissements ont entamé leur travail, à savoir les deux prisons locales de Ben Ahmed et de Berrechid. Alors que l’administration de tutelle avait promis la construction de 18 établissements, précise le rapport. Ces projets sont restés confinés dans la paperasse. Le rapport de l’OMP précise également que le surpeuplement reste le premier problème qui ravage les prisons au Maroc. A titre d’exemple, ajoute le rapport, la prison locale de Tanger abrite 2988 détenus, alors que sa capacité d’accueil n’est que de 1600. 446 détenus à la prison de Laâyoune pour une capacité d’accueil de 200, 2404 détenus à la prison de Safi pour une capacité d’accueil de 1500, 1710 détenus à Aïn Kadousse, à Fès pour une capacité d’accueil de 600 et 1147 détenus à la prison de Tétouan pour une capacité d’accueil de 500.
Le rapport annuel de l’OMP a mis également en exergue les conditions des fonctionnaires des établissements pénitentiaires, qui vivent dans des conditions sociales lamentables, d’autant plus qu’ils ne subissent aucun encadrement ni formation. Cette situation encourage le fléau de la corruption. A propos des mineurs, le rapport signale que le nombre des crimes et délits perpétrés entre 1997 et 2000 par cette couche de détenus varie entre 2300 et 2500. Avec une proportion de 48,92% impliqués dans des affaires concernant des délits et des crimes contre les biens. Quant aux affaires concernant les délits et crimes perpétrés contre les personnes, elles constituent 15,82%, avec en tête de liste le vol qualifié, suivis de la constitution d’association de malfaiteurs, possession de drogue et coups et blessures.
Le rapport a souligné également l’existence de 109 cas des condamnés à mort au Maroc, dont 96 séjournent à la prison centrale de Kénitra. Cette couche de détenus éprouve un calvaire inconcevable.
En tout état de cause, le rapport annuel de l’OMP fait remarquer que la situation des prisons au Maroc n’a pas connu une importante amélioration puisqu’elles souffrent toujours de surpeuplement, de mauvaise gestion, de dégradation des conditions de vie, du manque d’un minimum de services de soins médicaux, du manque de compétences d’encadrement et enfin de l’absence des infrastructures permettant aux établissements pénitentiaires d’accomplir leurs fonctions de réforme. Dans ces conditions, l’état de détérioration de l’espace carcérale persiste et s’aggrave davantage par la malnutrition, engendrant la dégradation de l’état de santé des détenus.

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