Les programmes e-learning au Maroc

Les programmes e-learning au Maroc

E-learning ou l’apprentissage en ligne est devenu un outil incontournable pour le développement des compétences. Il est aussi utilisé en formation continue par les entreprises pour la mise à niveau de leur personnel que dans l’enseignement supérieur et les établissements de la formation professionnelle. Au Maroc, l’e-learning n’a pas encore atteint sa maturité bien que toutes les conditions nécessaires à sa mise en œuvre sont réunies. Plusieurs facteurs entravent encore son développement. (Voir «Entretien» page 17 ).
Quelques projets e-learning ont été néanmoins lancés dans différents secteurs.
En effet, le département de l’éducation nationale à mis en place un projet de formation des formateurs (enseignants du primaire et secondaire), basé sur la télévision interactive. Le choix est pertinent pour des centres isolés inaccessibles au réseau Internet. Le projet est au stade pilote de son exécution.
Au niveau de l’Université nationale, le besoin en téléenseignement se ressent surtout dans les cycles supérieurs, autant  pour les formations orientées recherche (Master, doctorat) que pour les formations professionnelles (Masters spécialisés). Plusieurs projets ont vu le jour dans ce sens. «En janvier 2004 s’est réuni à Agadir le premier Workshop sur la mise en place du Campus virtuel marocain (CVM). Suite aux réflexions du Workshop, une grande dynamique s’est fait constatée, et surtout une volonté de fédérer les moyens pour mettre en place  le CVM.
Ainsi, un appel à projets de développement de contenus de formation en téléenseignement est lancé auprès des Universités marocaines. Il vise également à créer  des Centres régionaux universitaires (CRU) de développement de contenus. Le projet connaît encore quelques difficultés de mise en place», note Samir Bennani, Chef du laboratoire Réseaux informatiques, modélisation et e-learning. D’autres expériences universitaires ont donné lieu à des projets initiés en collaboration avec des organismes européens. A titre d’exemples, FORCIIR "Formation Continue en Information Informatisée en Réseau" qui  vise à développer la formation en NTIC dans les écoles des sciences de l’information en Afrique.
En outre, l’Université virtuelle africaine (UVA),  qui est programme d’accès à des contenus en asynchrone, a pour objectif d’enrichir le système éducatif africain. Il est étendu aux pays africains francophones, et le Maroc est appelé à en être l’élément moteur. Autre projet d’envergure, MEDFORIST – projet EUMEDIS, vise à mettre en place un réseau Euro-Mediterranean pour partager des ressources, par le développement d’une plateforme technologique et d’une base de connaissance.
Concernant l’université virtuelle Méditerranéenne : THETYS, quatre universités marocaines y ont adhéré. Il s’agit de Mohamed V Agdal de Rabat, Cadi Ayad à Marrakech, Chouaib Doukkali à El Jadidia, et Mohamed 1er d’Oujda. Cette institution s’appuie sur les NTIC pour la mise en œuvre d’enseignements de haut niveau dans des domaines jugés prioritaires en méditerranée tels que la santé, l’environnement, la haute technologie, médecine, l’économie et le Droit. En matière de formation professionnelle, l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) a mis en place des services de télé-enseignement pour répondre aux besoins du marché de l’emploi.
Ainsi, un Visio-centre de formation à distance – relié à d’autres salles sur le pourtour méditerranéen, fournit aux entreprises marocaines l’accès à des services diffusés à partir d’autres pays sur l’ensemble des sites. Dans le même sens d’idées, le PRICAM E16/96 / Formation professionnelle est un projet réalisé conjointement par les FST ( Faculté des sciences et techniques) du Maroc et l’École d’ingénierie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il vise à contribuer au développement des FST afin de mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi. Il encourage l’adoption des techniques de téléenseignement.  Pour les entreprises du secteur privé, l’e-learning est considéré comme la solution adéquate pour la formation continue de leur personnel. «Le contexte économique oblige les entreprises à varier en continu leurs produits services, et parallèlement à former rapidement leur personnel à ces services. Il est cependant coûteux de libérer fréquemment une bonne partie du  personnel pour une formation en présentiel et arrêter la production.
Pour réagir à ces besoins, l’apprentissage en téléenseignement, et surtout en mode asynchrone (l’apprenant ne souffre pas de contraintes de temps ni d’espace pour suivre son cours), s’avère très efficace», explique M.Bennani.
Plusieurs grandes entreprises envisagent une implantation de techniques de téléenseignement en vue de répondre aux besoins actuels. Certaines ont déjà initié une première expérience. La BCP( Banque centrale populaire) a mis en place  un premier projet de formation continue sur Internet, en 2001. La Lydec a également lancé un projet-pilote de l’e-learning, appliqué à certains collaborateurs, sélectionnés, sur 45 jours, dans le domaine de la bureautique. Le projet visait à analyser la réactivité des utilisateurs. Il vise également à assurer des avancées en termes d’individualisation de la formation et du gain de temps. Par ailleurs, plusieurs administrations ont initié leurs premiers projets de formation en e-learning.

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