Les quatre heureux ministres

Les quatre heureux ministres

La montagne a accouché de la souris gagnante pour quatre ministres. Le réajustement du gouvernement de M. Jettou a beau être un très léger lifting, il a tout de même changé l’apparence de quatre hommes. Le premier, Habib El Malki, accède au rang de super ministre. Il a désormais la main mise sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’enseignement. De ministre de l’Education nationale et de la jeunesse, il devient ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique.
Autant dire que M. El Malki accompagne la vie d’une femme ou d’un homme depuis l’école primaire jusqu’à l’université. Mieux, il les prépare ensuite à la vie professionnelle, puisqu’il a de surcroît la charge de la formation des cadres. Ce nouveau ministère a fait deux victimes : Kahid Alioua, ancien ministre de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique et Omar Fassi Fihri, ministre délégué auprès du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique chargé de la recherche scientifique. Il reste maintenant à savoir si ce super ministère va pouvoir maîtriser des secteurs certes vitaux, dont chacun nécessite une réforme et une mobilisation exclusive. Les réformes engagées dans les établissements primaires et les universités sont d’autant périlleuses qu’elles achoppent aux fiefs de représentations syndicales puissantes. L’entrain, l’énergie et le sens de l’écoute de M. El Malki ont été visiblement récompensés. Ce n’est toutefois pas une seule bonne volonté que nécessite son super ministère, mais au moins trois.
Le deuxième ministre heureux est Mohand Laenser. Il est à la tête du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des pêches maritimes. Il règne désormais sur la terre et la mer après le limogeage de l’ancien ministre de la pêche, M. Rhafès. Alors que M. Laenser avait défendu jusque-là les ambitions de la Mouvance populaire unifiée (MPU), en brandissant la logique des chiffres pour avoir plus de portefeuilles en cas de remaniement, il a fini par revoir à la baisse les ambitions du pôle haraki. Il hérite d’un grand ministère sans faire de mécontents au sein de son parti (MP), puisque la plupart des ministres de son parti ont gardé leurs postes. A l’adresse des membres du MP, M. Laenser a fait un usage catégorique de cette devise : ni partants, ni entrants. A son adresse, il ajoute une troisième qualité : gagnant.
Le troisième homme qui a pris des galons est Rachid Talbi El Alami. Il devient ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales. Cette promotion tient sans doute à la familiarité de l’intéressé avec l’équipe de M. Jettou.
Rachid Talbi El Alami a été apprécié pour son travail au ministère de l’industrie, du commerce et des télécommunications. Son bref passage dans ce département a été marqué par des actions de fond très utiles mais peu spectaculaires : poursuite de la libéralisation des télécoms, réhabilitation des zones industriels, mise à niveau du petit commerce… Son travail soutenu a été récompensé à sa juste valeur.
Le quatrième ministre dont le poids a augmenté est Adil Douiri, désormais ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale. Le remerciement de M’hammed El Khalifa lui a été à tous points de vue avantageux. Le ministère de l’Artisanat et de l’Economie sociale n’existe plus, parce qu’il a été absorbé par le ministère du Tourisme. Adil Douiri a bénéficié d’une contraction stricto sensu. Mais cette opération ne devrait pas faire d’étincelles, en ce sens où les deux hommes appartiennent au même parti politique : PI. L’artisanat et le tourisme font au reste bon ménage. Et M. Diouri pourra maintenant vendre la destination Maroc en la présentant sur un beau plateau – d’artisanat, bien entendu.

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