Les sept nouvelles tombes de L’IER

Les sept nouvelles tombes de L’IER

L’Instance Equité et Réconciliation (IER) vient de dévoiler l’emplacement exact des tombes de sept personnes victimes des graves violations des droits de l’Homme dans les années qui ont suivi l’Indépendance. Selon un communiqué de cette instance, rendu public dans l’après-midi de dimanche 30 octobre 2005, les investigations menées par les équipes de l’IER ont permis de localiser les tombes des membres de ce groupe composé de Moulay Chafiî Fidouzi, Bachir El Bouîssi, Mohamed Berkatou, Brik Jabbouri, Lahcen Bellouch, Benhaddou Sekaâ et Hassan Jouider Ben Layachi.
Selon la version relayée par l’IER, qui dit se baser sur les témoignages de plusieurs personnes, mais aussi sur les archives des autorités locales, ces sept victimes faisaient toutes partie de l’armée de libération et qui avaient même assumé, pour une courte période, des responsabilités partisanes et administratives.
Avec les événements du début des années 1960, ces derniers se sont réfugiés dans une région montagneuse appelée Aziz vers la région de Chichaoua. Encerclés par des membres de l’armée réglementaire, les membres du groupe de Berkatou et Chafiî ont succombé après échange de tirs. Le seul rescapé sera le huitième membre de ce groupe. Noûmane Lhoucine Bzioui a été blessé et arrêté près du douar Oulad Ezzir dans la même région.
Les tombes des sept victimes, selon le communiqué de l’IER, ont été identifiées, avec un traitement au cas par cas, dans le cimetière « Ezzaouiya » à Siîdat également dans la région de Chichaoua. Tués le 24 mars 1960, des membres de l’IER ont assisté le même dimanche 30 octobre à une cérémonie funèbre à la mémoire de Berkatou et ses amis.
Moulay Chafiî Fidouzi était militaire dans l’armée française et avait pris part à la deuxième guerre mondiale.
Membre actif dans le mouvement de lutte pour l’Indépendance, il a milité au sein du groupe de Hoummane Fetouaki. Arrêté le 18 août 1954 suite aux événements commémorant l’exil de Feu Sa Majesté Mohammed V, il sera condamné à deux ans de prison. Après l’Indépendance, Chafiî Fidouzi sera promu au grade de lieutenant et travaillera dans les rangs des forces auxiliaires à Marrakech. Poste qu’il a occupé avant sa mort.
Mohamed Berkatou Ben Eddo, lui, était agriculteur et militait au sein de l’UNFP à Sidi El Mokhtar. Recherché par les polices coloniales, il a fui vers le nord et n’était revenu qu’après l’Indépendance pour mourir quelques années après. L’un des célèbres membres de ce groupe n’est autre que le Caïd Bachir El Bouîssi qui avait choisi, lui, de se réfugier à Tétouan avant de rejoindre l’Armée de libération dans le Rif. Après l’Indépendance, il sera désigné Caïd à Oulad Mtaâ. Il y a 45 ans, il trouvera la mort en compagnie de son neveu Hassan Jouider, son gendre Brik Jabbouri et Ben Haddou Sekkaâ, son plus fidèle ami et compagnon. L’IER se charge uniquement de mener ses investigations et révéler les résultats de son travail aux concernés et d’abord aux familles. C’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’une telle démarche est suivie.
Le samedi 8 octobre 2005, l’IER affirmait avoir identifié les tombes de 50 personnes, victimes des graves violations des droits de l’Homme et qui ont succombé dans les centres de détention secrets De Kelaât M’Gouna, Tagounit et Agdez.

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