Les sévices de Mandari au Maroc

Les sévices de Mandari au Maroc

Hicham Mandari n’a jamais été autre chose qu’un escroc qui plumait ses victimes. D’ailleurs quand il fut démasqué au Maroc, il prend la fuite et se planque en Floride aux Etats-Unis d’où il tenta désespérément de faire chanter le régime par le biais de la fameuse lettre publiée le 6 juin 1999 sous forme d’encart publicitaire dans le Washington Post. C’est cette lettre qui le fait connaître au Maroc et à l’étranger, provoquant un véritable branle-bas de combat sur la scène nationale. Du coup, les scandales où il a trempé commencent à remonter à la surface. Au Maroc, ce professionnel de la magouille et de l’esbroufe se faisait passer notamment pour un conseiller spécial de feu S.M Hassan II qui dispose d’appuis solides dans l’establishment. Ainsi, a-t-il sévi auprès de la haute société en usant et abusant de cette prétendue qualité. Contre des sommes faramineuses, il promettait à tel le déblocage d’une autorisation précieuse, à tel autre d’intercéder en sa faveur pour rencontrer une personnalité puissante… Devant l’apparence de personnage important et richissime qu’il se fabrique, il y a toujours des proies qui mordent à l’hameçon. C’est ce qui est arrivé un peu partout là où passait Hicham Mandari. Rabat, Casablanca, Fès et Marrakech… Dans cette dernière ville, il a jeté son dévolu sur la direction de l’hôtel Mansour Eddahbi où il a laissé une ardoise importante. Les faits remontent au 19 novembre 1991. Agé alors de 19 ans, il se présente devant le responsable de l’hébergement auquel il annonce son intention de séjourner plusieurs semaines dans l’établissement. Pour mettre en confiance son interlocuteur et faire dissiper une fois pour toutes tout soupçon sur sa solvabilité, il use d’un stratagème parfaitement au point : il règle en liquide la première facture de son séjour d’un montant de 40.830,80 Dhs. Quelques jours plus tard, il se fait livrer sous les regards impressionnés de la brigade de la réception une voiture flambant neuve dont il règle le prix en espèces au vendeur. Cette technique fait vite de rassurer le personnel de l’hôtel qui lui réserve un traitement super VIP. Apprenant sa présence dans l’établissement, le directeur général de l’époque s’empresse à son tour de le recevoir étant donné l’amitié qui le lie au père de Hicham connu pour être propriétaire d’une entreprise hôtelière aux Émirats Arabes Unis. La rencontre aura lieu. Mal en a pris au directeur général. Elle permettra à l’escroc d’accéder à un crédit illimité pendant toute la durée de son séjour. Profitant de cette grande faveur, il entreprend d’inviter sur plusieurs semaines les copains et les coquins dont les frais de séjour sont pris sur son compte personnel. Ça consomme à fond. On ne se prive pas. Il suffit juste d’indiquer sur les factures le numéro de chambre de ce client dispendieux et généreux. C’est Hicham qui régale ? Voire… Le compte de l’intéressé devient préoccupant. Les sommes portées à son débit commencent à devenir substantielles. Informés de cette situation, les responsables de l’hôtel demandent au directeur général de faire parvenir d’urgence la facture au client et de veiller à ce qu’elle soit réglée. Celle-ci le sera le 13 avril 1992, le client remettant à la caisse les copies de deux ordres de virements totalisant le montant des frais de séjour, soit exactement la somme de 517.688,22 Dhs. Ces ordres de virement établis à l’ordre de l’hôtel Mansour Eddahbi émanent de la City Bank à Abu Dabi. Sur ce, Hicham Mandari quitte l’hôtel. Or, l’argent ne sera jamais transféré. Après des semaines d’attente, les responsables de l’établissement apprendront à leur grande surprise que les ordres de virement en question sont faux et partant sans valeur. C’est ainsi qu’une plainte pour escroquerie, falsification de document bancaire et non paiement de facture de séjour a été déposée le 26 juin 1993 contre Hicham Mandari auprès du parquet de Rabat. La procédure est toujours en cours. Escroc doublé d’un faussaire (n’est-il pas impliqué dans un gigantesque réseau de falsification de la monnaie du Bahreïn), celui qui vient de tomber à Paris pour une autre histoire de chantage en liaison avec Othmane Benjelloun doit pouvoir répondre de ses multiples méfaits au Maroc. Pour cela, son extradition est envisageable. Une chose est sûre : l’intéressé réunit sur lui assez de chefs d’accusation pour goûter pendant longtemps aux délices du séjour derrière les barreaux.

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