Les soupçons mortels

Les soupçons mortels

C’était un jour ensoleillé de l’an 2000, quand Aziz a croisé Wafila dans une ruelle de la ville du Détroit. Séduit par son corps svelte et ses beaux yeux, il l’a suivie. Il s’approche d’elle et lui chuchote quelques mots mielleux à l’oreille. Elle ne l’a pas repoussé, ni lui a tourné le dos. Au contraire, elle lui a lancé un sourire pour l’encourager à lui exprimer ses sentiments. Wafila a ralenti ses pas comme si elle voulait entendre plus de mots et de phrases sentimentales. Un moment plus tard, elle a commencé à converser avec lui pour finir à se mettre d’accord à entretenir une relation amoureuse. D’un rendez-vous au boulevard à une rencontre au café, Aziz et Wafila se sentent de plus en plus amoureux l’un de l’autre au point qu’ils ont décidé de se marier le plus tôt possible.
Accompagné de ses parents, Aziz a demandé Wafila au mariage et les parents de cette dernière ont accepté. Ils ont même contracté l’acte de mariage, mais sans convoler la nuit de noce. Il la reportait d’une fois à l’autre à défaut d’argent. Toutefois, ces reports ne les empêchaient pas de partager de temps en temps le même lit sans toucher à sa virginité. Les traditions les obligent de la garder jusqu’à la nuit de noces. Entre temps, Aziz a eu un malentendu avec un voisin du quartier. Une prise de bec qui a cédé la place aux mains puis aux couteaux et a fini, le 14 décembre 2003, par l’arrestation de Aziz et sa condamnation à 16 mois de prison ferme. Il a été incarcéré à la prison locale de Tanger. Son épouse a déployé tous ses efforts pour l’aider à supporter les épreuves de la prison durant son incarcération. Elle lui rendait de temps en temps visite, lui préparait des plats qu’il désire, lui achetait tout ce qu’il lui demandait et l’attendait impatiemment. Il lui demandait, à chaque fois, si elle ne le trompe pas. Elle le rassurait qu’elle n’a offert son corps qu’à lui et qu’elle ne le gardera qu’à lui seul. Elle lui demandait souvent de chasser les mauvaises idées de sa tête et croire en sa fidélité à lui seul. Mais en vain. Il soupçonnait qu’elle le trompait avec d’autres jeunes hommes. Car il croyait qu’elle ne pouvait plus patienter à l’attendre jusqu’à son relâchement pour satisfaire ses besoins sexuels.
Le 12 mars 2005, Aziz est relâché. Il était plein de joie. Avec amertume, il attendait ce jour de sa libération depuis seize mois. Il attendait qu’il rejoint ses parents, ses frères et sœurs et sa femme. Il leur a raconté le calvaire qu’il avait passé derrière les quatre murs de la prison. Et après avoir passé quelques moments avec ses amis du quartier, il rejoint sa femme pour coucher avec elle. Sur le même lit, ils s’embrassaient, plaisantaient et riaient. Soudain, Aziz a sursauté de sa place. Il n’a pas voulu continuer. Quelle mouche l’a piqué ? Wafila ne savait rien. Elle est restée bouche-bée sans lui demander la raison de son arrêt. Aziz s’est rhabillé tout en restant les yeux hagards. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? Il l’a giflée tout en lui demandant de ne pas crier ni appeler au secours. Elle n’a rien compris au départ. Elle lui a demandé des explications sur son hystérie. Enfin, il l’a poussée violemment avant de l’interroger sur la personne avec qui elle le trompait. Elle s’est fondue en larmes en lui expliquant qu’elle n’a jamais couché avec personne, qu’elle était fidèle à lui, à leur relation conjugale et qu’elle n’a jamais pensé le tromper parce qu’elle l’aime. Il ne l’a pas crue et lui a demandé le nom de la personne qui l’a dépucelée. «C’est toi qui a consommé ma virginité sans que tu te rends compte avant que tu sois arrêté et condamné», lui a-t-elle expliqué avec les larmes aux yeux. Mais en vain. Il ne l’a pas crue. Il était certain de n’avoir pas consommé sa virginité. Lundi 6 juin, Wafila est sortie le matin pour se rendre à son emploi. Elle a oublié son téléphone portable à la maison. Vers 11h du matin, le portable a sonné. Aziz l’a pris pour répondre. «Pourquoi Wafila n’est pas arrivée au boulot? Est-elle malade ?», lui a-t-elle demandé une voisine de son épouse. Étonné, Aziz est sorti pour rejoindre ses amis au quartier. Vers l’après-midi, il s’est rendu chez ses gendres. Son épouse était chez eux. Vers 17h, ils sont sortis ensemble et ont emprunté le chemin allant jusqu’à l’hypermarché Marjane. À mi-chemin, dans un lieu désert, il l’a allongée sur un gazon et a couché avec elle. Après quoi, il lui a demandé une fois encore la personne qui l’avait dépucelée. «C’est toi». Une réponse qui l’a poussé à ne plus contrôler ses nerfs. Et il a pris une pierre pour la frapper à la tête. Un premier coup, puis un deuxième et un troisième avant de brandir un couteau et lui assener des coups mortels. «Je l’ai tuée parce qu’elle me trompait, je l’ai tuée parce qu’elle me trompait», criait-il en courant avec le couteau à la main en se dirigeant vers la porte de l’hypermarché Marjane. Immobilisé, il a été confié à la police.

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