Les spéculateurs dans le collimateur

Mustapha Mansouri, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Energie et des Mines a fait état devant la Chambre des conseillers de l’intention du gouvernement de procéder à une modification de la couleur du gasoil utilisé dans le secteur agricole dont le prix bénéficiait d’une subvention de l’Etat. L’initiative explicitée par le ministre, mardi lors de la séance des questions orales de la Chambre des conseillers, vise à barrer la route aux spéculateurs qui font un usage frauduleux des vignettes accordées aux agriculteurs. Selon les chiffres avancés par le ministre, l’Etat alloue actuellement quelque 70 % des subventions des hydrocarbures liquides au soutien des prix du gasoil utilisé dans le secteur agricole. L’enveloppe porte sur 2 milliards de dhs, sur un total de subvention de 2,8 milliards. C’est dans ce cadre que des vignettes ont été mises en circulation pour permettre aux agriculteurs de disposer du gasoil à des prix subventionnés. L’utilisation irrationnelle et parfois frauduleuse de ces facilités, a été à l’origine de la récente hausse des prix des hydrocarbures liquides. Ces derniers (essence, gasoil et fuel), etaient subventionnés à hauteur de 2,8 milliards de dirhams, sur la base d’une subvention totale de 5,2 milliards de dirhams. Les 2,4 milliards restants etaient alloués au gaz butane. M. Mansouri a également fait état de mesures d’accompagnement destinées à alléger les conséquences de ces hausses. Il s’agit notamment d’une baisse de 17 % des prix de l’électricité pour les secteurs agricole et industriel. Pour leur part, les transporteurs routiers bénéficient, depuis janvier 2001, de la récupération du 1/3 de la valeur ajoutée payée pour l’achat du gasoil. Le ministre a précisé que les routiers pourront, au cours de l’année 2002 récupérer les 2/3 de cette valeur ajoutée et qu’à l’horizon 2003 ils récupéreront la totalité de la tranche. L’Etat était intervenu, depuis le début de la crise des cours du pétrole en août 1999, pour soutenir les prix des produits pétroliers à travers la caisse de compensation. Il a été mis fin à ce soutien en novembre dernier. Un effort qui, selon M. Mansouri, alourdit le déficit de la caisse de compensation, laquelle a dû pendant plusieurs mois supporter la différence entre les prix des hydrocarbures appliqués au Maroc et les cours en vigueur sur le marché mondial. Quelque 5,2 milliards de dirhams ont dû être déboursés par la caisse entre août 1999 et octobre 2001.

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