Les takfiristes se retractent

Les takfiristes se retractent

Sous haute surveillance, neuf fourgonnettes blanches, rayées en rouge et vert, transportant les 87 mis en cause, escortés par des fourgons transportant des éléments de la Compagnie d’Intervention mobile (CMI) et des motards ont quitté vers 9h du matin, la prison d’Aïn Borja à destination de la Cour d’appel. Comme à l’accoutumée, les polices, en tenue de fonction et en civile, les représentants des médias marocains et étrangers et les membres des familles des accusés attendaient déjà l’ouverture de la dernière audience avant le prononcé du verdict. Une demi-heure plus tard, les mis en cause ont été conduits à la cage en verre blindée de la Salle d’audiences No 8, exclusivement construite pour ce procès. C’est vers 9h 50mn que la cour présidée par Me Tolfi Lahcen entre à la salle d’audience et que ce dernier appelle le premier mis en cause, à savoir Mohamed Omari, le kamikaze qui a renoncé à se faire exploser à l’hôtel Farah pour prononcer ses dernieres declarations. « Tous ceux qui sont derrière moi sont des innocents », a-t-il dit à la cour. L’autre kamikaze qui a refusé de se faire exploser à l’Alliance des Juifs Marocains, Rachid Jalil, a affirmé : « Nous sommes tous des musulmans et les noms que nous avons révélés n’ont rien perpétré…Nous étions seulement 14 kamikazes… ». Le troisième kamikaze, Hassan Taoussi, qui était membre de la cellule de Mohamed Omari, a tenté également à disculper ses « frères » qui sont en détention. « Ces jeunes sont innocents… », a-t-il attesté. Il semble que les prévenus s’étaient mis d’accord sur cette stratégie de tout renier. Cependant, la loi est claire. Chacun sera châtié selon son degré de participation à un crime. Cette stratégie a plané sur les derniers propos des candidats au suicide de réserve et adeptes de La Salafiya Jihadia. Ils ont tous condamné les actes terroristes du 16 mai et ont clamé leur innocence en précisant qu’ils n’ont aucune relation avec les événements sanglants qui ont entraîné des morts, des blessés, des veuves et des orphelins. Les derniers à intervenir lors de cette dernière audience étaient les quatre théoriciens de La Salafiya Jihadia, considérés par le ministère public par « les grosses-têtes de la Fitna ». À ce propos, Mohamed Fizazi, alias Abou Mariem a pris la parole pour exprimer sa condamnation aux attentats du 16 mai. « Je les ai rejetés dans les colonnes des journaux avant mon arrestation », a-t-il précisé. Et d’ajouter : « En fait, vous jugez mes idées et me traitant de personne qui alimente l’intégrisme ». Il a affirmé qu’il est Marocain, musulman, qui enseigne depuis une trentaine d’années dans les mosquées de l’Etat. « Je suis une personne qui aime et appelle à la paix… », a-t-il précisé avec une langue arabe classique. Il a expliqué dans son long dernier propos qu’il a commencé ces dernière années à chercher le mal pour l’attaquer et empêcher la dérive des jeunes qui excommunient la société pour les ramener à la raison. Quant à Omar Haddouchi qui a présenté son dernier propos comme s’il donnait un prêche à la mosquée, il a avancé des hadiths du prophète Mohamed pour justifier n’avoir jamais excommunié la société marocaine ni avoir fait appel à la violence pour redresser les torts. Alors que Abdelkrime Haddouchi a exprimé son étonnement d’être accusé en tant qu’homme de pensée et de science. « J’ai combattu depuis longtemps contre les idées “takfiristes“… ». Miloudi Zakaria, émir d’Assirate Al Moustakime a expliqué qu’il n’a jamais été un “takfiriste“.

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