Les terroristes piégés par leurs GSM

Les terroristes piégés par leurs GSM

L’appartement de Leganes n’en finit pas de livrer de nouveaux éléments sur les attentats de Madrid. Les enquêteurs y découvrent chaque jour de quoi maintenir en haleine l’attention de l’opinion publique. La dernière information a été rapportée mardi par le quotidien espagnol «El Mundo».
Les six Marocains et leur supposé chef tunisien, qui se sont suicidés à l’explosif le 3 avril, envisageaient de perpétrer une action terroriste contre un centre de réunion de la communauté juive, situé à Hoyo de Manzanares, à 37 km au nord-ouest de Madrid. Les enquêteurs pensent que les responsables de la tuerie de Madrid avaient établi un dispositif pour étudier les mouvements de personnes de confession juive qui se réunissaient dans une propriété à côté d’un cimetière juif. Et ce n’est pas la seule information relative aux révélations liées à l’appartement de Leganes. Le périple du Marocain Fouad Al Mourabit pourrait se terminer avec une troisième interpellation. Le juge d’instruction espagnol Juan del Olmo, chargé de l’enquête sur les attentats du 11 mars à Madrid, a décidé, lundi, de le placer en détention provisoire. Le Marocain avait déjà été entendu à deux reprises par ce même juge qui l’avait remis en liberté, faute de preuve.
Cette fois-ci, les preuves sont accablantes. Elles sont de la même nature que celles qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs suspects: les téléphones portables. Fouad Al Mourabit a été également piégé par son téléphone mobile. Les portables sont au coeur des attentats de Madrid. La fonction d’alarme des téléphones portables a été utilisée pour enclencher le mécanisme des bombes que les terroristes avaient déposées à l’intérieur de sacs dans quatre trains de banlieue, objets des attentats du 11 mars. Le pistage des appels a ensuite mené à l’appartement de Leganes, dans la banlieue sud de Madrid, où sept terroristes se sont suicidés à l’explosif, samedi soir. Ce même pistage a conduit à Fouad Al Mourabit.
L’analyse du listing des appels téléphoniques effectués, à partir de son portable a «permis d’établir qu’il avait eu des relations avec la majorité des suspects arrêtés ou décédés (…) avant le 11 mars et le jour même du 11 mars», a précisé le juge d’instruction espagnol, Juan del Olmo, qui a ordonné son arrestation. Au nombre de ces personnes, figureraient celles qui se sont fait exploser, le 3 avril, dans l’appartement de Leganes.
Fouad Al Morabit est âgé de 28 ans. Il a suivi des études en avionique à l’Université polytechnique de Madrid puis à Gijon, dans le nord de l’Espagne. Avec son arrestation, le nombre des suspects, en détention dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Madrid, s’élève à dix-huit personnes, dont quatorze Marocains, deux Indiens, un Syrien et un Espagnol. Le nombre des suspects marocains a augmenté avec l’arrestation, vendredi dans la banlieue de Madrid, de trois personnes, nommées Saïd Aharouch, Hassan Belhadj et Ibrahim Afalah. Au demeurant, la liste des détenus marocains risque de s’allonger encore. Deux nouveaux Marocains ont été arrêtés lundi et mardi à Malaga, indique une source judiciaire à Madrid.

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