Les trains de plus en plus cible des vandales

Les voleurs ont encore sévi, cet été, sur les installations de l’Office national des chemins de fer. Le vol des contre-poids de tension, qui soutiennent les lignes caténaires liées aux pantographes (dispositif de captage de courant permettant l’alimentation en énergie électrique des trains), est devenu monnaie courante. Cette année, les services de l’Office ont enregistré 159 opérations de vol de ces pains de métal. La dernière en date remonte à l’après-midi du mardi 22 août.
Selon un communiqué de l’Office, « des vandales se sont emparés vers 16h10 mn, des contre-poids de tension soutenant un caténaire entre les gares d’Aïn Sebaâ et Zenata provoquant ainsi la rupture des câbles d’alimentation électrique des trains ».
En cette période de forte affluence, cet incident été à l’origine d’une panne importante des installations ferroviaires et a induit de sérieuses perturbations du trafic ferroviaire sur l’axe Casablanca-Rabat.
«Les trains ont accusé un retard de plus de deux heures. Je devais prendre celui de 17 heures 30 mn. La gare de Casablanca était archicomble. Les voyageurs devant prendre le train de 16 heures attendaient également. Celui-ci n’est entré en gare qu’à 18 heures ; toutefois, je ne l’ai pas pris, car il était bondé et il n’y avait nul endroit où s’asseoir. J’ai donc été obligé de prendre un taxi pour rentrer chez moi», raconte l’un des voyageurs sur un ton coléreux.
Le mois dernier, une autre opération de vol de ces pains en métal a eu lieu entre les gares d’Aïn Sebaâ et Mohammédia.
Selon une source à l’ONCF, les quantités de matériaux de fonte dérobées en juillet dernier sont évaluées à près de 600 kilogrammes. Leur vol a occasionné de graves dommages à l’Office.
Mais à quelle fin ces contre-poids subtilisés par ces bandits sont-ils  utilisés?
Selon une source à l’ONCF, ces contres-poids sont vendus soit à des ferrailleurs, soit à des fonderies. Les voleurs peuvent également les vendre aux propriétaires des clubs de musculation. Il suffit de deux pains et d’une tige en fer pour fabriquer des haltères.
«Pour parer à ce problème, l’ONCF a utilisé une colle spéciale pour lier ces pains en métal entre eux. Mais, les voleurs sont ingénieux. Ils coupent le câble attaché à ces pains et transportent le tout. Il faut noter que chaque pain peut peser de 8 à 20 kg», ajoute la même source.
Les câbles de  signalisations font également l’objet de rapines. Dans la nuit du 10 au 11 août, des câbles de signalisations entre les gares Aïn Sebaâ et Casa-voyageurs ont été dérobés, indique un communiqué de l’ONCF, cité par la MAP. La circulation des trains a été interrompue. Cet "acte de malveillance" a causé une panne importante des installations ferroviaires au niveau du triangle de Casablanca et a entraîné la suppression de quatre trains-navettes rapides (TNR) vers l’aéroport Mohammed V et Kénitra.
Par ailleurs, l’ONCF est également victime d’un autre genre de vandalisme. Il s’agit des jets de pierres contre les rames. A ce propos, l’Office a enregistré 473 actes de ce genre. Lesquels induisent des dépenses exorbitantes. Le remplacement d’une vitre cassée coûte 1500 dirhams. En 2005, le montant des dégâts occasionnés par les actes de vandalisme contre les installations de l’ONCF, s’est élevé à 600.000 dirhams. Les lieux de ces actes malveillants sont situés sur le tronçon Casa-Kénitra et précisément à Salé, Sidi Maârouf, Bouzkoura et Aïn Sebaâ.

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