Les travailleuses de sexe expérimentent le préservatif féminin

Les travailleuses de sexe expérimentent le préservatif féminin

Une première au Maroc et dans le monde arabe. L’Organisation panafricaine de lutte contre le Sida (OPALS) a réalisé une étude sur l’utilisation du préservatif féminin chez les travailleuses de sexe. Cette enquête qui a été réalisée durant 3 mois en 2010 a ciblé 100 prostituées issues de plusieurs villes : Agadir, Azrou, Beni Mellal, Fès, Khénifra, Marrakech, Meknès, Rabat-  Salé et Laayoune. Pour répondre aux différentes questions de l’étude, celles-ci  ont été dotées de 40 préservatifs destinés à être utilisés durant un mois. Les résultats de l’enquête ont révélé que 27% des travailleuses de sexe  veulent utiliser le préservatif féminin dans le futur si elles arrivent à se le procurer gratuitement ou à un prix convenable. Aucune d’entre elles n’a déclaré ne pas vouloir utiliser ce moyen de contraception. Autre donnée importante de l’enquête: 70% des prostituées ont déclaré qu’en cas de refus du client, elles imposeront l’utilisation du préservatif féminin. Toujours selon l’étude,  76% des prostituées  ont déclaré avoir utilisé le préservatif féminin avec quelques clients, 20% ne l’ont pas utilisé et 4% l’ont utilisé avec tous les clients. Quant au  nombre d’utilisation, celui-ci  est estimé entre 2 à 5 fois par semaine. S’agissant de l’attitude des prostituées vis-à-vis de la qualité de ce type de préservatif, 59% ont déclaré qu’il était bruyant, 22% qu’il était normal alors que 19% ont trouvé qu’il était de mauvaise qualité. Ce qui peut paraître choquant est l’attitude des clients à l’égard de ce préservatif. Seuls quelques uns ont accepté ce préservatif bien qu’ils aient été avisés à l’avance. En cas de refus de la part du client, l’étude indique que  78% avaient insisté, 20% ont proposé le préservatif masculin comme alternative alors que  2% ont cédé au refus du client et n’ont par conséquent utilisé ni le préservatif féminin ni le masculin. Il est à noter qu’avant de répondre au questionnaire, les prostitués ont reçu une formation sur l’utilisation du préservatif féminin  sur modèle anatomique et la présentation des questions.  Avant la formation, 97% ignoraient  l’existence de ce préservatif. Seuls 3%  le connaissaient car elles étaient des travailleuses de sexe éducatrices paires de l’OPALS. Parmi celles-ci, 2% l’avait utilisé  entre une et deux fois. S’agissant de la répartition par âge dans le cadre de cette enquête, 12% des prostituées  ont moins de 21 ans, 74% sont âgées entre 21 et 30 ans et 14% ont plus de 30 ans. Quant au niveau d’étude, 29% n’ont jamais été à l’école, 32,5% sont arrivées à l’enseignement primaire, 23,5% à l’enseignement secondaire et 15% sont  titulaires du baccalauréat. L’étude précise que 92,5% de ces femmes se prostituent  régulièrement  contre 7,5% de manière occasionnelle. Elles sont dans la majorité célibataires (56,5%) contre 41% divorcées. 
A travers cette étude, l’OPALS vise deux objectifs majeurs : sensibiliser le public sur  ce préservatif et le commercialiser au Maroc. «La femme marocaine a le droit à la prévention. Le préservatif féminin doit être commercialisé et généralisé au Maroc. Il constitue un moyen de protection majeur contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le Sida sachant que le préservatif masculin est peu utilisé», déclare Dr Nadia Bezad, présidente d’OPALS. «Peu de Marocains connaissent ce moyen de contraception. Il n’y a aucune communication sur ce préservatif qui existe pourtant au Maroc», déplore-t-elle. L’OPALS compte monter au crénau pour défendre ce type de préservatif. «Sur la base des résultats de cette étude, nous avons élaboré un plaidoyer destiné aux autorités concernées, à savoir le ministère de la santé, pour que ce préservatif soit commercialisé et que les achats se fassent à un prix convenable étant donné que ce moyen de contraception, que l’on trouve dans quelques pharmacies coûtent encore trop cher», affirme Dr Bezad.

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