L’escroc aux mille et une astuces

L’escroc aux mille et une astuces

Toujours très élégant et souriant, il n’hésitait jamais à interpeller les gens et à se présenter parfois comme un fonctionnaire et d’autres fois comme un homme d’affaires ayant beaucoup d’influence. Ahmed, né en 1964 à Settat, est issu d’une famille qui, quoique pauvre, n’a ménagé aucun effort pour assurer au jeune homme succès dans la vie. D’abord, ses parents l’ont inscrit dans une école primaire de la ville et ont essayé de satisfaire tous ses besoins afin qu’il ne rencontre aucun écueil et réussisse chaque année scolaire.
Effectivement, il a passé les quatre premières années avec succès pour échouer en cinquième année de l’enseignement fondamental. Seulement, en redoublant cette classe, il est arrivé à réussir en deuxième année et il a passé par conséquent à la première année de l’enseignement préparatoire. Il était plein de joie et ses parents étaient contents puisqu’il était leur unique enfant. Passant la deuxième et la troisième année, il s’est complètement transformé. Que lui est-il arrivé ? Ses parents n’en savaient rien jusqu’au jour où l’administration du collège leur a envoyé un courrier les invitant à contacter le surveillant général. Pourquoi ? Pour les aviser que leur unique enfant s’était absenté durant toute une semaine et qu’il était retourné au lycée sans justifier son absence. Où étais-tu ? l’interroge son père qui l’a accompagné au lycée. L’enfant ne lui a pas donné de raison pouvant expliquer son absence. Mais il semble qu’il accompagnait de jeunes délinquants. Son père et le surveillant général lui ont conseillé de cesser de s’absenter et de reprendre ses études sérieusement.
Seulement, il semble qu’il n’ait plus la volonté de les poursuivre et préfère les mauvaises fréquentations. Ses parents ont tenté de le redresser. Mais en vain. Il s’est retrouvé, après sa troisième année d’enseignement, sans place au collège. Depuis, il a commencé à s’adonner au vol à l’arraché jusqu’à son arrestation et sa condamnation à quatre mois de prison ferme. Au lieu d’essayer de se réintégrer dans la société, il est devenu un escroc à la recherche de victimes. Il ne restait plus à Settat, mais il a regagné d’autres villes ; Casablanca, Rabat, Tanger, Berrechid, etc. L’objectif était toujours le même : piéger les victimes. Entre autres, Samira, 32 ans, célibataire. Il l’a croisée au boulevard Mohammed V, à Casablanca. D’un regard et un sourire à un échange de paroles. “Je suis fonctionnaire“, s’est-il présenté à elle sans autre précision. Elle n’a pas cherché à en savoir davantage. Il lui a proposé de la rencontrer une autre fois. Samira n’a pas hésité et ils ont fixé un premier rendez-vous, puis un deuxième. Ils se sont familiarisés au point qu’il lui a proposé le mariage. Elle n’a pas cru ses oreilles.
Mais il l’a convaincue qu’il était sérieux et avait l’intention de se présenter chez ses parents pour la demander le plus tôt possible en mariage. Ravie, Samira lui a versé une somme de 2.500 dirhams quand il lui a demandé de lui prêter de l’argent pour payer l’ébéniste. “Je me rendrai chez tes parents une fois que j’aurai fini de meubler l’appartement“, l’a-t-il rassurée. Après les 2.500 dh, ce seront ensuite 4.000, puis 5.000 dirhams que la jeune femme lui avancera. Deux mois plus tard, il n’a toujours pas donné signe de vie. Samira est convaincue qu’elle est tombée entre les mains d’un escroc et elle a déposé plainte contre lui.
Où a-t-il disparu ? Il a regagné Berrechid. C’est là qu’il a fait la connaissance d’Abdelkader, un jeune qui rêve de l’Eldorado. Ce dernier a pensé qu’il avait enfin trouvé son sauveur, qui pourrait l’emmener au delà de la Méditerranée. Ahmed se faisait passer pour un haut fonctionnaire à Rabat, affirmant qu’il pourrait l’aider à aller ailleurs à l’aide d’un visa authentique. La contrepartie n’est «que» de 20.000 dirhams.
Abdelkader s’est débrouillé pour amasser une somme de 12.000 dirhams qu’il lui a versée, ajoutant qu’il lui donnerait le reste une fois qu’il aura le visa entre les mains. Seulement, Ahmed a disparu une fois pour toutes. Et sitôt qu’il plumait une victime, il en cherchait une autre. Soit il proposait un travail dans une société privée ou dans un établissement public, soit il promettait son soutien pour l’obtention d’un visa ou d’une autorisation pour avoir un kiosque ou une place dans un marché de légumes. Une fois qu’il empochait l’argent, il disparaissait. Il fallait attendre une campagne routinière pour qu’il soit arrêté au centre-ville de Casablanca, alors qu’il était en état d’ivresse. Conduit au commissariat, il s’est avéré qu’il était recherché par la police. Traduit devant le tribunal de première instance, il a été condamné à deux ans de prison ferme.

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