L’escroc tombe dans son propre piège

Les investigations des policiers de la brigade des stupéfiants de Témara portaient sur une affaire de trafic de substances psychotropes, suite à une plainte déposée par Adil H. et Ibrahim.I contre Mohamed S. pour escroquerie. Celui-ci leur avait certifié, en tant qu’agent influent, d’intercéder en faveur de deux de leurs frères, en l’occurrence Hicham.H. et Rabii I., lesquels se trouvaient en détention préventive pour différents délits. En effet, contre une somme de 15.000 dh dont il avait versé un acompte de 2.000 dh, Adil avait reçu la promesse de leur libération par Mohamed S. juste après leur comparution devant le procureur du Roi. Seulement voilà, ce dernier a eu vent que son frère et son compagnon n’ont pas été assistés par le faux policier au ministère public et qu’ils ont déjà été déférés devant la Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance à Rabat. Contacté par Adil au téléphone, il lui donne rendez-vous quelque temps après, à proximité de cette même juridiction, pour lui expliquer que les deux prévenus seront présentés au parquet général le lendemain, coïncidant avec un dimanche, tout en lui assurant qu’ils n’ont pas encore obtenu leur billet d’écrou. Sentant qu’il y avait anguille sous roche, Adil prévient le service de police à Témara de cette escroquerie dont il est la victime. Le même jour, Mohamed S. se rend au lieudit pour s’enquérir de l’évolution du dossier concernant les deux détenus pour trafic de psychotropes sans savoir ce qui l’attendait comme surprise. Déclinant une fausse identité en tant que fonctionnaire au secrétariat particulier du palais, il attire donc les soupçons des éléments de police qui le soumettent à un interrogatoire serré, l’acculant ainsi à corroborer les dires des plaignants, puis l’accompagnent à sa voiture pour effectuer fouilles en procédure d’usage. Et quelle n’a pas été la surprise des enquêteurs au moment de leur perquisition du véhicule suspecté ! La découverte est de taille : une pile de contrats de travail contrefaits avec de faux noms, des photos d’identité de jeunes gens des deux sexes et des tampons administratifs. À son domicile situé à l’Agdal, boulevard Mohamed Belhassan El Ouzzani, les commis de la P.J découvriront d’autres pièces à conviction:des photocopies de cartes nationales,des extraits d’actes de naissance,des attestations de travail, des formulaires pour demandes de visas, des photocopies de casiers judiciaires, des billets de transport international et un ensemble de documents qui font état de résidences à l’Europe et au Golf persique. Cela dit, au cours des procédures d’investigations, plusieurs victimes (plus d’une dizaine) ont déferlé vers les locaux de la P.J à Témara pour vouer Mohamed S. aux gémonies. Toutes ces personnes se sont plaintes d’être flouées par ce dernier qui leur vendait des rêves sans lendemain. Et toutes ces victimes d’escroquerie ont affirmé à l’unanimité qu’elles avaient remis des montants d’argent variant entre 5 000 et 15000dh en sus d’une somme de 1 100dh comme frais d’envoi de dossier aux destinations prétendues leur fournir un travail. Dans ses opérations frauduleuses, il a été soutenu par deux complices de sexe féminin qui lui ramenaient des filles en mal de boulot, Soumia A. et Latifa O. possédant un salon de coiffure. Finalement, il été condamné par le tribunal de première instance à 2 ans de prison ferme pour faux, usage de faux, escroquerie, falsification de document. Le condamné a interjeté appel pour allègement de sentence.

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