L’espoir est permis

L’espoir est permis

Le 15 mai est une date que cinq pays africains attendent avec appréhension. C’est ce jour-là que le comité exécutif de la Fédération internationale de football (FIFA) désignera le pays qui abritera les phases finales de la Coupe du monde 2010. A l’approche de cette date (plus que 50 jours), les responsables de «Morocco 2010» sont autant fébriles que ceux des candidatures sud-africaine, égyptienne, tunisienne et libyenne. L’opération séduction est dans sa phase ultime, dans les cent derniers mètres. Et les Marocains en sont conscients.
A présent, ce qui constituait au début un véritable challenge est devenu une grande opportunité pour démonter de quoi notre pays est-il capable. Les journalistes marocains qui ont participé au média-tour organisé par «Morocco 2010» la semaine dernière ont pu évaluer l’état d’avancement de la candidature nationale. Trois villes étaient au rendez-vous : Tanger, Fès et Marrakech, soit trois grands stades qui font l’ossature du dossier marocain. L’un d’eux, celui de la capitale spirituelle, est fin prêt.
D’une capacité d’accueil brute de 45.000 place (il peut contenir actuellement 37.000 places avec la possibilité d’ajouter 8.000 autres et deux tableaux électroniques en 2010), ce stade répond à toutes les normes fixées par la FIFA. Les deux autres infrastructures sont en chantier, et c’est ce qui rompt avec les trois précédents dossiers. Le Maroc n’a pas présenté que des maquettes de stades. Les cinq inspecteurs de la FIFA, qui faisaient leur tournée d’inspection du 7 au 14 octobre dernier, ont pu visiter des stades en chantiers qui seront prêts en 2007.
Le complexe de Tanger, d’une capacité d’accueil de 69.000, sera bâti sur 28 hectares à l’entrée de la ville du détroit, à 5 km de l’aéroport Ibn Battouta et 10 km du port et du centre ville. Mais c’est incontestablement le stade de Marrakech qui a beaucoup séduit les inspecteurs de l’instance internationale ainsi que les journalistes nationaux et internationaux participants aux différents média-tours de «Morocco 2010». Ses 70.000 spectateurs auront le sentiment de se retrouver dans un des riads de la ville ocre. Les travaux de cette réplique du stade de la Sampdoria de Gène se déroulent 24h/24h à un rythme très soutenu en vue de le terminer en juin 2007. «Nous sommes en avance sur le calendrier initialement établi », se félicitent les responsables de la candidature marocaine. Autre atout du dossier marocain, son montage financier renforcé par des garanties étatiques solides.
Le gouvernement et le Fonds Hassan II ont octroyé à «Morocco 2010» une garantie financière de 1,5 milliard de dirhams, soit 140 millions d’euros, comme garantie destinée à couvrir tout déficit dans le budget du comité d’organisation de la Coupe du monde 2010. Ce montant a d’ores et déjà été transféré à un compte séquestre. 2010 au Maroc, ce n’est pas uniquement une affaire de Coupe du monde. C’est tout une vision de développement économique et social qui touchera entre autre le secteur touristique avec un chiffre à atteindre: 10 millions de touristes. En 2010, le Maroc disposera de plus de 250.000 lits dont 180.000 à proximité des villes retenues pour accueillir les matchs du Mondial. Six nouvelles stations balnéaires, prévues également dans le cadre de cette « vision», offriront une capacité totale de 40.000 lits.
«The New Morocco » est le fil directeur de cette quatrième candidature marocaine, que tous les observateurs, Joseph Blatter et Joao Havalenge, actuel et ancien présidents de la toute puissante FIFA en tête, n’ont pas hésité de qualifier de « meilleure candidature marocaine jamais présentée pour abriter le Mondial». Une nouvelle approche a donc été adoptée par une équipe de jeunes cadres marocains, diplômés des grandes écoles et universités internationales, menée par le financier Saâd Kettani, pour ficeler un dossier technique qui a été présenté devant le comité exécutif de la FIFA le 30 septembre dernier et préparer la visite des inspecteurs de cette même instance.
Durant les quelques derniers mois, ils ont, aux côtés de plusieurs consultants, Américains pour la plupart, commencé un véritable marathon de lobbying qui entre dans sa dernière ligne droite. Les rencontres avec les 24 votants se sont multipliées dans les quatre coins du monde. A lui seul, Saâd Kettani a effectué à deux reprises le tour des cinq continents avec près de 70 rencontres avec les membres du comité exécutif de la FIFA.
Objectif : les convaincre de la solidité du dossier marocain. Et puis, la Coupe du monde au Maroc ne serait-elle pas une grande fête du football qui réunira les passionnés du ballon rond de part le monde dans un pays où l’hospitalité est plus qu’une tradition ?

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