L’étrange suicide des homonymes

Aussitôt avisés, des éléments de la police du 4ème arrondissement urbain, de permanence en ce jour chômé, se sont rendus immédiatement sur les lieux de la macabre découverte. Les circonstances et les causes de la mort de la victime, feu M’Hamed El Habachi Ben Bouchaïb né en 1957 à Sidi Smaïl(Province d’El-Jadida), marié et père d’une fille, n’ont pas été encore détérminées. Il semble, d’après les premiers éléments de l’enquête, que la piste du suicide, à moins d’un ou de plusieurs rebondissements dans l’affaire, est la plus plausible.
En effet, et d’après les déclarations de son entourage, le malheureux n’était pas à sa première tentative de suicide. Puisque, dans le passé, il avait essayé de mettre fin à ses jours à maintes reprises ; comme il n’avait cessé de le répéter, ces derniers temps, à ses proches et à ses collègues de bien prendre soin de sa fille car, d’après lui, «ses jours étaient comptés». C’est donc sur ces éléments que la thèse du suicide est prise sérieusement en considération.
Néanmoins, les mobiles de cet acte lugubre restent, jusqu’à présent, obscures. Toutefois, les enquêteurs avancent deux hypothèses. La première est que les héritiers de son ex-associé (un Irakien) dans un hôtel à Essaouira l’auraient dépossédé de ses 66% d’actions. Mais ce litige, d’après certains de ses collègues, ne saurait être la véritable cause de son acte malheureux. Car, comme ils ont tenu à le préciser, l’affaire est entre les mains de la justice. Et c’est certain qu’il obtiendrait gain de cause en raison de la solidité de son dossier.
La deuxième, non confirmée officiellement (mais qui ne manquera peut-être pas d’éclaircir l’autopsie ou le témoignage de sa conjointe), serait que le disparu souffrait d’une impuissance sexuelle qui l’aurait rendu complexé.
Vraie ou fausse, cette hypothèse n’a pas été écartée totalement pour les raisons suivantes : Tout d’abord, il ne manquait de rien : une femme sérieuse et un héritage bien arrondi. Ensuite, et comme il souffrait de troubles psychiques, il consultait un spécialiste en la matière de la ville. Malheureusement pour lui, il n’avait jamais osé se confier à son médecin traitant. De quoi aurait-il honte de le lui divulguer si ce n’était quelque chose considérée encore dans notre société de dégradant ? Ne nous emballons pas donc dans les déductions et attendons ce que révélera l’enquête qui, faut-il le signaler, est encore entre les mains du 4ème arrondissement urbain de police. Ainsi, et contrairement à des ragots rapportés ici et là, le défunt n’est impliqué dans aucune affaire de corruption. Bien au contraire, pour ceux l’ayant connu à Essaouira, du temps où il y exerçait, ou à El-Jadida, ce juge jouit de l’estime et du respect pour son intégrité professionnelle et ce, à tous les niveaux. Dont acte donc ! Le même jour, et presque à la même heure, une autre personne âgée de 67ans s’est jeté de la fenêtre de sa maison. La police a conclu à un suicide puisque le vieillard souffrait, lui aussi, de sérieux troubles psychiques. Cette coïncidence étrange ne s’arrête pas là. Les deux victimes, même s’ils n’avaient aucun lien de parenté, portaient le même nom de famille et leurs pères avaient le même prénom. Même leurs prénoms étaient très proches. La première se nommait M’Hamed et la deuxième Ahmed.

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