L’Europe se dirige-t-elle vers un Islam prospectif ?

L’Europe se dirige-t-elle vers un Islam prospectif ?

Vers quel Islam allons-nous?
Le questionnement posé, mardi soir à Rabat, par le Pr. Farid El Asri, lors du 4ème cycle de conférences «Hors les murs» initié par l’Université internationale de Rabat pour aborder «le religieux contemporain en tensions», est légitime, voire opportun. Il l’est par l’ampleur des regards croisés autour de la religion musulmane de par le monde. Pour répondre au questionnement, l’enseignant-chercheur à Sciences Po à l’Université internationale de Rabat et anthropologue à l’Université catholique de Louvain, formule deux types de rapport.

Crispations et profondeurs
Selon le Pr. El Asri, le 1er type du rapport est susceptible de se matérialiser par une «logique de crispation qui va développer une revendication de soi en luttant contre l’islamophobie». Quant au 2ème, il se manifestera, selon l’anthropologue, par «une posture de travail sur les profondeurs pour se lancer dans un Islam prospectif». Pour l’heure, le contexte est, aux yeux du Pr. El Asri, chargé de moments charnières et marqué par une altérité proche. Par l’occasion, l’intervenant, qui fait le constat de la fin de l’homogénéité, ne manque pas d’adresser des messages aux discours politique et médiatique, entre autres, «censés tenir compte des profondeurs des représentations en consolidant l’exotisation» de l’autre».

Ce qu’en disent les Européens
Abondant dans le sens de l’homogénéité, Pr. Franca Bimbi, du département de philosophie, sociologie, pédagogie et psychologie appliquée à l’Université de Padoue, affirme que «nous sommes forcés à penser l’homogénéité», en précisant que la désignation religieuse est devenue un problème en Europe. «Partout, l’autonomie mondiale des individus-femmes, avec ou sans voile, reste difficile à reconnaître», enchaîne la professeure accompagnée de son collègue Gustavo Guizzardi qui, lui, a abondé dans le sens d’altérité proche sur la base d’un sondage réalisé dans des écoles supérieures en Italie. Il en ressort que 4% des étudiants âgés de 17 à 18 ans estiment que le voile est issu d’un milieu culturel fermé. Selon les étudiants interviewés, le voile est une contrainte de la famille et dans l’espace public, il constitue une limite du pluralisme. «Les femmes ont un pouvoir si elles portent quelque chose d’important», enchaîne le Pr. Guizzardi.

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