L’évangélisation soulevée au parlement

L’évangélisation soulevée au parlement

Le Maroc est-il une cible privilégiée pour les évangélisateurs? Vraisemblablement, oui. C’est ce qui a poussé le groupe istiqlalien à interpeller le ministre des Affaires Islamiques et des Habous, Ahmed Toufiq. En effet, ce dernier devait réagir, hier soir, sur le phénomène d’évangélisation au Maroc, lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants.
« Nous ne prônons pas le renfermement sur soi-même », précise le président du groupe istiqlalien, Abdelhamid Aouad. Pour lui, il ne faut pas que les évangélistes exploitent la misère des gens pour propager la foi chrétienne au Maroc.
En fait, ces évangélistes sont de plus en plus nombreux. Et leur zone de prédilection est incontestablement le monde islamique.
Au Maroc, l’évangélisation avance à pas de géants, dans les grandes villes comme dans la campagne. Dans une interview réalisée, en novembre 2003, par un site Internet évangéliste, Abdellah, un jeune pasteur marocain soutenu par l’association suisse « Aides aux Eglises Martyres » (AEM) affirme que « nous pouvons considérer qu’il y a actuellement vingt-cinq églises au Maroc avec des effectifs comprenant de dix à vingt-cinq membres.
La plupart d’entre elles se sont créées après 1990. A cela, il faut ajouter un certain nombre de chrétiens isolés qui n’appartiennent pas à une église ». Ce « Abdellah », qui affirme avoir été « un musulman pratiquant », souligne également qu’il n’y a pas de liberté religieuse au Maroc. Selon lui, lorsqu’une personne se convertit au christianisme, « la police essaie de la faire revenir à l’Islam et, si elle n’y parvient pas, elle lui demande de signer un papier attestant son engagement de ne pas prêcher l’Evangile à un musulman au risque de se voir infliger une peine de trois à cinq ans de prison en cas de désobéissance ».
Cerise sur le gâteau: « le seigneur ne désire pas seulement la présence d’églises au Maroc, il souhaite avoir tout le pays pour lui ». Voilà qui résume l’action des évangélistes au Maroc. L’AEM, elle, ne donne pas davantage de détails sur ce « Abdellah ».
Cette association de bienfaisance installée à Thoune en Suisse, précise, toutefois, qu’Abdellah reçoit des sommes importantes d’argent. Chaque année Abdellah organise divers cours et séminaires avec un budget de 20.000 euros.
En plus de cette enveloppe, Abdellah prévoit pour l’année 2004 un budget de 30 000 euros pour la distribution de livres.
En somme, l’AEM débloque annuellement 50.000 euros à Abdellah. Notre ami se retrouve avec un salaire mensuel de plus de 45.000 DH. C’est donc à coups de millions de DH que l’évangélisation s’opère au Maroc.
En plus de l’aspect financier, « Abdellah », ce jeune Marocain à qui Jésus a chuchoté à l’oreille, joue un rôle hautement politique. Il possède une vision de l’Histoire qui ressemble étrangement à celle des rédacteurs du Dahir Berbère. Et pour cause, il estime qu’au « deuxième siècle, il y avait déjà des chrétiens au Maroc parmi les Berbères établis dans les villes. Puis les Arabes sont arrivés. Par eux l’Islam s’est imposé parfois par la force. Les Chrétiens n’ont pas réussi à conserver leur foi et l’Eglise a disparu ». C’est donc à juste titre qu’Abdelhamid Aouad souligne que l’évangélisation du Maroc ne peut être contrée que par le développement économique et social du pays.

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