L’exploitation des mineurs concerne 170.000 enfants en 2009 au Maroc

Le travail des enfants âgés de 7 à moins de 15 ans a concerné 170.000 personnes en 2009, soit 3,4% de l’ensemble des enfants de cette tranche d’âge. C’est qui ressort d’une enquête du Haut Commissariat au Plan (HCP) qui a été publiée samedi. Le HCP note que le travail des enfants a connu une forte régression depuis 1999, date à laquelle ils étaient au nombre de 517.000 et représentaient 9,7% de l’ensemble des enfants. Selon le HCP, cette baisse s’explique en partie grâce à l’élargissement de l’accès à la scolarisation. A noter que ces données sont fournies par l’enquête permanente sur l’emploi qui touche annuellement un échantillon de 60.000 ménages. Ces statistiques permettent un suivi de l’évolution et des caractéristiques du travail des enfants.Ce phénomène est davantage perceptible en milieu rural qu’en milieu urbain. En effet, ils sont 151.000 à travailler dans le rural en 2009 contre 19.000 dans les villes. Selon cette enquête, neuf enfants actifs occupés sur dix (89%) résident en milieu rural, ce qui montre que le travail des enfants est un phénomène principalement rural. Concernant les secteurs d’activités, le HCP souligne qu’en milieu rural, 93,5% des enfants travaillent dans «l’agriculture, forêt et pêche». En milieu urbain, ils sont 43,9% à travailler dans les «services» contre 36,4% dans «l’industrie y compris l’artisanat». Selon le statut dans l’emploi, neuf enfants actifs occupés sur dix en milieu rural travaillent en tant qu’aides familiales. La situation est différente en milieu urbain où près de la moitié des enfants soit 48,3% sont des apprentis et 23,2% des aides familiales. L’enquête relève également qu’un enfant sur quatre (4,6%) travaille en tant que salarié. Sur le plan sociodémographique, l’étude souligne que six enfants sur dix sont de sexe masculin. Cette proportion varie de 55,9% en milieu rural à 83,3% en milieu urbain. 16,6% des enfants travaillent parallèlement à leur scolarité alors que 56,1% ont quitté l’école et 27,3% ne l’ont jamais fréquentée. Malgré cette régression, le nombre d’enfants travailleurs de moins de 15 ans reste alarmant au vu du Code du travail qui interdit l’emploi d’enfants âgés de moins de 15 ans, prohibe les travaux dangereux pour les mineurs de moins de 18 ans, et prévoit des sanctions légales contre les employeurs qui recruteraient des enfants âgés de moins de 15 ans. Pour mettre fin à l’emploi des « petites bonnes », un projet de loi avait été élaboré par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Un projet de loi qui accuse du retard.
Depuis avril 2009, ce texte est toujours à l’étude au secrétariat général du gouvernement. Ce projet de loi qui comporte sept articles prévoit de lourdes amendes et des peines de prison ferme. Ainsi, l’article 2 prévoit une amende allant de 10.000 à 20.000 DH à l’égard de toute personne qui emploie un enfant de moins de 15 ans en tant que domestique et ce sans prendre en considération l’autorisation du tuteur. En cas de récidive, l’amende est doublée et la personne est passible d’une peine d’emprisonnement de 6 mois à 1 an. L’article 4 prévoit quant à lui une amende allant de 1.000 à 2.000 DH à l’égard des parents ou toute personne ayant une autorité sur l’enfant qui livrent leurs enfants aux employeurs. L’éradication du travail des «petites bonnes» n’est pas pour demain.

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