L’habitat insalubre dans la ligne de mire

La lutte contre l’habitat insalubre est une question cruciale. Cette année, le Souverain lui a consacré l’essentiel de son discours prononcé à l’occasion de la commémoration de la Révolution du Roi et du Peuple. A la lecture du discours, le déficit dans le domaine de l’habitat résulte des pratiques malsaines qui se sont développées dans l’absence de textes juridiques limitant les responsabilités de chaque intervenant. Mais la situation s’aggrave d’année en année. Il n’y a qu’à voir la croissance de l’habitat non réglementaire dans nos villes. cela limite sérieusement les chances de développement des villes, notamment dans le domaine du tourisme. Le constat est accablant. 770 000 ménages soit 4 millions de personnes vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Il en résulte la mise en place du programme de résorption de l’habitat insalubre. Ce programme sera accompagné d’un ensemble de textes juridiques déterminant la responsabilité de l’Etat et celle des autres acteurs. Le projet de loi prévoit des sanctions contre tous les contrevenants. Elle donne une définition légale des responsabilités de tout un chacun dans l’opération d’extermination de l’habitat insalubre. De même, qu’elle prévoit la responsabilité dans la propagation de l’habitat hors normes. Les responsabilités incombent à chacun et à chaque structure. Cela passe par celle chargée de la délivrance des permis et des autorisations, au contrôle de conformité des logements. Le texte pose également des sanctions civiles, pénales et financières.Reste à savoir, si les mesures prévues dans la loi ne remettront pas en cause la liberté de circulation, et son corollaire celle d’opter pour une situation de logement selon son libre-arbitre ? Pour les spécialistes, le problème ne se pose pas en ces termes. Si la Constitution garantit au citoyen marocain la liberté de choisir l’emplacement de son logement, il doit néanmoins respecter les lois en vigueur. Par ailleurs, il faut assurer une alternative aux ruraux qui quittent leurs régions. Il y a une anticipation à mener à ce niveau. D’où la réflexion de mettre en place des zones d’urbanisation progressive permettant aux personnes issues de la campagne, de s’installer dans des zones où les équipements seront réalisés progressivement. La possibilité d’entamer un grand programme d’habitat locatif est à l’étude actuellement au niveau de Secrétariat de l’Habitat. Vu les différentes catégories de l’habitat insalubre, l’intervention s’articulera autour des opérations de restructuration, du programme de lotissements de résorption. Le coût global est de 28,86 milliards de DH dont 17,21 milliards de DH pour les quartiers d’habitat non réglementaires et 11,65 milliards de DH pour les bidonvilles. Des mesures financières sont déjà prévues pour l’exécution de ce programme à partir du 1er janvier 2002 dans la Loi de Finances 2002.

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