L’habitat, l’autre face d’Agadir

Au lendemain du cataclysme qui a frappé Agadir en 1960, les différentes parties ont pris la charge, tant bien que mal, de reconstruire la ville, surtout après la célèbre citation de feu Sa Majesté le Roi Mohammed V : «Si le destin a décidé la démolition de la ville d’Agadir, sa reconstruction dépend de notre volonté et notre foi ». Pour ce faire, une instance appelée « Le Haut commissariat de la reconstruction d’Agadir » fut créée.
Ainsi, les premiers quartiers et bâtiments ont vu le jour en respectant rigoureusement les dispositions antisismiques. A l’époque, on se souciait beaucoup plus au recasement des populations sans abris et à la remise en marche des exigences administratives prioritaires. Ces temps -là, on n’était même pas sûr si les citoyens regagneraient leurs demeures, tellement la panique s’emparait des esprits.
Au fil des ans, le Haut Commissariat de la Reconstruction d’Agadir disparaissait et la démographie, en gain de confiance, grossissait. Les sinistrés de la cité démolie et ressuscitée réclamaient, en vain, leurs habitations en décombre. L’exode de toutes parts battait son plein car la région était en plein essor économique et touristique. La « virginité » urbanistique de la ville alimentait les tentations et les gourmandises. C’est ainsi que l’anarchie, la spéculation et la surenchère firent irruption d’une manière inouïe. Cela avait commencé, ipso facto, par l’apparition des lotissements érigés au sud de la ville, sous contrôle de la commune urbaine. Cette dernière en faisait une véritable aubaine pour s’enrichir aux dépens des deniers publics et aussi pour s’attirer une clientèle électoraliste depuis les années 80. Un bon nombre de conseillers communaux, s’en trouvait en quelques mois richissimes au détriment de la transparence et de la démocratie.
Les lotissements sont donc soumis à un traitement clientéliste scandaleux et, de nos jours, les parcelles cédées auparavant à quelque 20 000 dirhams sont maintenant spéculées à plus de 350 000 dirhams. Plusieurs parties, élus et autorité locale, avaient contribué, d’une façon ou d’une autre, à cette situation.
La problématique de l’habitat s’empirait et donnait naissance à la prolifération des bidonvilles et les logements insalubres et anarchiques, en plein centre de la capitale touristique du pays. Plusieurs quartiers fantoches, un peu partout, s’érigeaient et mettaient le plan d’aménagement devant le fait accompli. C’est une réalité dont souffre la majorité des citoyens et qui dénonce affreusement l’aspect contradictoire de la région.

• Saoudi El Amalki Correspondance régionale

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