L’hécatombe continue

L’hécatombe continue

Il semble que rien ne puisse arrêter la folie meurtrière qui s’est emparée de nos routes. Les chiffres du dernier rapport de la direction des routes et de la circulation routière du ministère de l’Equipement et du Transport sont accablants et atterrants à la fois. Durant l’année 2002, 3.761 personnes ont trouvé la mort au cours de 52.137 accidents corporels sur l’ensemble du territoire marocain. Soit une moyenne de plus de 10 personnes tuées et plus d 143 accidents par jour ! Une véritable hécatombe. Parallèlement à ce tableau sombre, il y a lieu de relever que le nombre de tués et d’accidents vont crescendo puisqu’ils ont augmenté respectivement de 3,2 et 3,8%. De plus, le nombre de blessés graves est passé de 14.514 à 14.922, soit une augmentation de 2,8%. Des chiffres sur le papier qui ne doivent pas faire oublier qu’à la suite de chaque accident grave, c’est la vie de toute une famille qui est bouleversée. Deuils parfois multiples, infirmités permanentes, qui peuvent conduire à des crises sociales. De plus, il y a lieu de noter que l’on a recensé 66.443 blessés légers en 2002. Le rapport relève également que 38.010 accidents ont été constatés en agglomération, soit 72% de l’ensemble des accidents. Ceux-ci ont entraîné 1.248 tués, enregistrant ainsi une augmentation de 9,9% par rapport à l’année 2001. Quant au nombre d’accidents survenus en rase campagne, il a atteint 14.127, soit une augmentation de 2,4% par rapport à l’année 2001. Le nombre de tués enregistré en rase campagne a connu une augmentation de 0,2% par rapport à l’année 2001 en passant de 2.508 à 2.513. Les accidents mortels ont sensiblement augmenté chez les usagers de voitures de tourisme (de 1.300, en 2001 à 1.432 en 2002, soit+10%), les cyclomotoristes (de 389 à 409, soit +5,1%), ainsi que les usagers des deux roues sans moteur (de 256 en 2001 et 263 en 2002, soit +2,7%). Le nombre de piétons décédés à la suite d’accidents de la circulation, a, pour sa part, baissé de 0,2%, passant de 1.203 à 1.201. Dire que ces chiffres sont alarmants relève du doux euphémisme, voire de la redondance. Les causes sont hélas bien connues. Du non-respect du Code de la route, à l’usage de véhicules déglingués et non entretenus, en passant par l’irresponsabilité pure et simple de conduire en état d’ébriété. Nos routes meurtrières disposent de solides acolytes qui les assistent efficacement dans leur mortelle moisson annuelle. Il faut y faire face, car les choses vont s’aggravant. Et devant l’incivisme manifeste de nos compatriotes, qui se comportent tous comme des assassins en puissance, rien ne vaut –dans ce cas précis – la bonne vieille peur du gendarme.

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