L’horrible destin de Latifa

L’horrible destin de Latifa

La jeune domestique torturée pendant des mois par ses employeurs

Originaire de Zagora, Latifa est issue d’une famille très pauvre. Après la mort de sa mère, il y a 8 ans, la jeune fille avait du mal à s’entendre avec l’épouse de son père. C’est la raison pour laquelle elle a préféré quitter sa ville natale pour aller vivre à Casablanca.

Son état de santé est critique. Elle est aujourd’hui entre la vie et la mort dans une clinique à Casablanca. Elle s’appelle Latifa, une domestique âgée de 22 ans, qui a été torturée pendant des mois par ses employeurs. ALM s’est rendu sur place à la Clinique Internationale située au boulevard Anoual pour voir la jeune victime et s’enquérir de son état de santé. Cela dit, seuls les médecins ont accès à la chambre de la jeune fille en raison de son état de santé qui est jugé très grave. Celle-ci a dû subir une nouvelle opération mercredi après-midi.

Originaire de Zagora, Latifa est issue d’une famille très pauvre. Après la mort de sa mère, il y a 8 ans, la jeune fille avait du mal à s’entendre avec l’épouse de son père. C’est la raison pour laquelle elle a préféré quitter sa ville natale pour aller vivre à Casablanca. Selon Amina Khalid, membre fondateur de l’Association Insaf, cela fait actuellement 18 mois, voire 2 ans, que la jeune fille travaillait chez les mêmes employeurs à Casablanca. Le couple qui l’employait la torturait lui infligeant les pires sévices. Ils avaient, entre autres, l’habitude de la brûler avec des objets en fer.

Les images choquantes (voir ci-dessus) montrent la gravité des brûlures. «Elle présente des hématomes au niveau du foie, des reins et des brûlures de troisième degré au niveau de ses jambes, de son dos et de son postérieur ainsi que de graves infections. Elle présente également des cicatrices assez anciennes ainsi que des fractures qui montrent que celle-ci était maltraitée depuis plusieurs mois», indique Mme Khalid. Et d’ajouter : «Latifa souffre d’anémie sévère». La jeune victime a été transportée samedi soir par ses bourreaux à la clinique. «Latifa nous a dit qu’un médecin s’était rendu chez ses employeurs. Apparemment, il s’agirait d’un membre de la famille des employeurs qui s’est déplacé en raison de l’état de santé critique de la jeune fille». Les médecins de la clinique ont aussitôt alerté l’association de cette agression.

Dans cette affaire, le secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme avait alerté 2M qui a diffusé un reportage sur ce drame mardi soir dans le JT de 20h 15. Pour sa part, l’association Insaf s’est constituée partie civile afin de porter plainte contre les employeurs de la victime. En outre, l’association a décidé de prendre en charge Latifa sur le plan social et psychologique. Celle-ci a besoin de protection et d’un suivi psychologique après ce qu’elle a enduré. Elle sera hébergée par l’association Insaf jusqu’à son rétablissement. Cette ONG souhaite également aider Latifa à poursuivre une formation. Une enquête judiciaire a été enclenchée autour de cette affaire. Aussitôt saisi, le parquet a immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de cette affaire. L’association Insaf appelle le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour protéger ces jeunes filles contre l’exploitation dans le travail domestique et contre les abus dont elles sont victimes. Latifa n’est qu’un cas parmi d’autres. Rien ne pourra compenser ce qu’elle a vécu.

Des cas loin d’être isolés …

Les affaires de domestiques maltraitées sont loin d’être des cas isolés au Maroc. Tout le monde se souvient encore de l’affaire de la petite Khadija, une domestique âgée de 11 ans décédée le 26 juillet 2011 à El Jadida, à la suite de sévices exercés sur elle par la fille de son employeuse.

La petite fille Khadija, qui a été battue pour ne pas avoir lavé convenablement une chemise, décède à l’hôpital Mohammed V. La petite fille était employée à Casablanca pour la somme dérisoire de 400 DH par mois, depuis plus de trois mois, après l’avoir été à Marrakech. Elle était originaire d’une des régions les plus démunies du pays, d’un douar enclavé, à 200 km de Marrakech, sur la route d’Agadir.

Une autre affaire qui avait fait couler beaucoup d’encre est celle de la petite Fatima qui avait également été violentée par son employeuse à Casablanca.

Sur son corps apparaissaient des marques de violences physiques répétées, à savoir des lésions traumatiques étendues sur tout le corps y compris l’appareil génital, des ecchymoses et des abrasions cutanées provoquées par des morsures, des brûlures et des coups de ceinture. Le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ qui avait rendu, lundi 30 août 2010, son verdict dans cette affaire avait condamné la femme qui employait la jeune fille   à un an de prison ferme et une amende de 500 DH.

Travailleurs domestiques :  Où en est la loi ?

Conformément aux dispositions de l’article 27 de la loi n°19.12, l’entrée en vigueur de la loi relative aux petites bonnes aura  lieu une année après la publication des décrets y afférents au Bulletin officiel, à savoir le décret n°2.17.355 définissant le modèle de contrat des travailleurs domestiques et le décret n°2.17.356 complétant la liste des travaux interdits aux employés âgés entre 16 et 18 ans. Les deux décrets d’application adoptés par le Conseil de gouvernement en août dernier ont été  publiés au Bulletin officiel du 2 octobre.  Un délai d’un an a été fixé pour que la loi entre effectivement en vigueur. Rappelons que le premier décret a pour objectif d’assurer la protection juridique nécessaire aux travailleurs domestiques, en renforçant la relation de travail entre les deux parties du contrat et en déterminant les obligations de chacune d’elles. Le texte qui vise aussi à éviter toute violation pouvant atteindre les droits et intérêts de cette catégorie de travailleurs, intervient en application de l’article 3 de la loi n°19-12 relative aux travailleurs domestiques. Pour sa part, le deuxième décret vise à compléter la liste des tâches pouvant porter atteinte, compte tenu de leur nature, à la santé et à la sécurité des travailleuses et travailleurs domestiques âgés entre 16 et 18 ans ou aux bonnes mœurs.

 

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