Libéralisation du secteur de la santé: Les médecins privés s’attaquent à Louardi

Libéralisation du secteur de la santé: Les médecins privés s’attaquent à Louardi

Le Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL)  monte au créneau contre la libéralisation «aveugle» du secteur de la santé.

Dans un communiqué, le syndicat reproche au ministère de la santé «son dévouement envers le lobbying capitaliste et impérialiste qui prévoit de monopoliser le secteur». Le SNMSL estime que cette libéralisation  porte atteinte à la  santé des citoyens en permettant aux investisseurs de tirer profit à travers  l’augmentation des tarifs de soins. Conséquence majeure de cette situation : la majorité des citoyens se retrouverait dans l’incapacité de régler les dépenses de soins que leur fera  subir les sociétés commerciales.

Par ailleurs, le syndicat note que le décret 2.15.447 relatif à l’exercice de la profession de médecin constitue un danger en ouvrant la porte grande ouverte aux médecins étrangers sans équivalence de diplôme et sans formation. «De telles  bavures ne peuvent exister dans les pays qui se respectent et on  ne peut trouver de telles  négligences que dans des pays attardés culturellement et scientifiquement», dénonce le SNMSL dans son communiqué. Ce dernier  déplore également le fait que  ce décret ait  marginalisé le rôle du Secrétariat général du gouvernement et du  Conseil de l’Ordre des médecins, en les réduisant «au  rôle de spectateur à la mascarade  qui a été élaborée par les lobbies et mise en scène par le ministère de la santé».

Le syndicat reproche également au ministère de la santé sous la couverture du partenariat public-privé d’avoir délégué la plupart des services publics à des prestataires privés, y compris le ramassage ambulancier qui a récemment été délégué à une compagnie d’assurance. Pour les médecins privés, l’absence de politique de santé et de stratégie réfléchie afin de préserver la santé des citoyens va inévitablement conduire à l’effondrement du système de santé.

Face à cette situation inquiétante, le SNMSL  appelle les acteurs associatifs, les syndicalistes et les militants  à se mobiliser pour une éventuelle coordination afin de lutter contre le plan du ministère de tutelle qui vise «la levée de la main» de l’Etat sur la santé publique. Pour le syndicat,  il faut agir au plus vite et user  de tous les  moyens légitimes pour sauver le secteur.  Rappelons que les médecins du secteur libéral se sont toujours opposés à la loi 131-13 relative à l’exercice de la médecine.  Cette loi prévoit ainsi qu’une clinique peut appartenir à «une société de non-médecins ou de médecins et de non-médecins» ou encore à une personne morale de droit privé poursuivant un but non lucratif.  Ces derniers estiment que  seuls les médecins peuvent construire et gérer des cliniques et hôpitaux au Maroc. Un investisseur, hors corporation des médecins, n’a pas le droit d’investir dans ce secteur.

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