Liberté provisoire pour trois islamistes

Sous haute surveillance policière et devant un millier de militants d’Al Adl Wal Ihssane et une trentaine d’avocats, s’est ouvert, mardi dernier, le procès des trois membres d’Al Adl Wal Ihssane, poursuivis selon les dispositions de l’article 221 du Code pénal, pour « entrave volontaire de l’exercice d’un culte ».
Les trois membres de la section régionale de l’association d’Abdeslam Yassine à Berrechid, Mohamed Aït Azzi, Mustapha Abide et Mohamed Kawtar, ont été arrêtés, selon l’accusation, lors de l’organisation, vendredi dernier, devant la mosquée du quartier Yasmine à Berrechid, d’une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien, et la distribution de tracts.
Cette manifestation a été dispersée suite à une intervention policière ; et ce, contrairement à celles organisées le même jour à la Grande mosquée de Hay Mohammadi, et le vendredi 8 novembre, à la mosquée El Housna d’Aïn Chok à Casablanca, ou devant la mosquée Al Aâdam de Settat et la grande mosquée de la ville d’Oujda . Lors de la présentation des requêtes pour vice de forme, la défense des trois membres d’Al Adl Wal Ihssane a soulevé la question de la répression des manifestants, réclamé le report du dossier et la convocation d’une vingtaine de témoins ainsi que l’attribution de la liberté provisoire à Mohammed Aït Azzi et sa mise à une expertise médicale.
Ce fonctionnaire d’Ittissalat Al Maghrib et responsable d’Al Adl Wal Ihssane à la région de Settat a été conduit devant le tribunal dans un état lamentable, bien qu’un responsable de la police ait affirmé à l’AFP que «c’est archi-faux, nous n’avons torturé personne» et qu’ «Un prévenu a reconnu de son plein gré les faits et les deux autres ont nié les accusations dans leur rapport d’audition.». Ces propos ont donc été rejetés par la défense qui a affirmé, devant le tribunal, que Mohammed Aït Azzi et les deux autres ont fait l’objet de torture policière avant leur traduction devant la justice.
Et d’affirmer que M. Aït Azzi a été arrêté, samedi 16 courant vers 10h du matin de chez lui et non pas au lieu de la manifestation. Selon la défense, le même constat s’applique aussi aux deux autres membres, poursuivis en état de liberté provisoire, à savoir Mustapha Abide et Mohammed Kawtar. Le premier, a précisé sa défense, a été arrêté le lendemain de la manifestation alors qu’il n’y était pas puisqu’il avait accompli la prière d’Al Joumouâ dans une autre mosquée de la ville . En revanche, son ami, qui est secrétaire général du bureau syndical de la société Union Cerame, a été arrêté de l’intérieur de son entreprise.
Après les délibérations, le président de la cour a décidé d’accorder la liberté provisoire à Mohammed Aït Azzi et surseoir les autres requêtes jusqu’au commencement des débats.
Signalons que l’article 221, selon lequel les trois membres d’Al Adl Wal Ihssane ont été poursuivis, stipule que «quiconque entrave volontairement l’exercice d’un culte ou d’une cérémonie religieuse, ou occasionne volontairement un désordre de nature à en troubler la sérénité, est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 200 à 500 dirhams.»

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