Libye-Suisse : une affiche associant Kadhafi à un criminel

Libye-Suisse : une affiche associant Kadhafi à un criminel

Les autorités de Genève, avec le soutien du gouvernement suisse, ont ordonné jeudi la modification d’une affiche d’un parti populiste local consacrée au prochain référendum sur l’expulsion des criminels étrangers et sur laquelle apparaît le chef d’Etat libyen Mouammar Kadhafi. «L’affiche, consacrée à l’initiative sur le renvoi de criminels étrangers, s’en prend directement au chef de l’Etat libyen», écrivent les autorités du canton de Genève (ouest) dans un communiqué. Les Suisses sont appelés à se prononcer fin novembre par référendum sur une initiative lancée par le parti UDC de la droite populiste visant à retirer le droit de séjour aux étrangers coupables de certaines infractions. C’est pour défendre cette proposition que le Mouvement citoyen genevois (MCG) a présenté l’affiche assemblant des textes et des photos représentant des personnalités de la vie politique genevoise, ainsi que Kadhafi. Les affiches n’ont pas encore été placardées sur les murs de la ville de Genève mais ont été envoyées par courrier aux habitants. Le chef d’Etat libyen y apparaît vêtu d’une tunique marron, le bras droit tendu à l’horizontale avec pour légende «Il veut détruire la Suisse». En concertation avec le gouvernement, les autorités genevoises ont décidé de porter plainte contre les auteurs de l’affiche et ordonné sa modification, estimant qu’elle constitue un «outrage aux Etats étrangers». «Sans rapport avec le sujet de la votation, cette attaque porte atteinte aux intérêts supérieurs de la Suisse, de notre canton et de ses ressortissants à l’étranger», considèrent les autorités genevoises. L’affiche «complique inutilement les efforts de restauration du climat de confiance entre les deux Etats», les relations entre Berne et Tripoli s’étant tendues dans le cadre de l’affaire des deux Suisses retenus pendant plusieurs mois en Libye suite à la détention à Genève du fils du dirigeant libyen. Cette affaire a provoqué une grave crise diplomatique entre les deux pays. En février dernier, le leader libyen avait par ailleurs appelé au «jihad» contre la Suisse, en raison de l’interdiction de la construction de minarets votée par référendum quelques mois plus tôt. Les deux pays ont finalement signé le 13 juin un «plan d’action» sous l’égide de l’Union européenne, ouvrant la voie à une normalisation de leurs relations.

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