L’IER identifie cinquante tombes

L’IER identifie cinquante tombes

La famille de Ouezzane Belkacem pourra aspirer à plus de sérénité. Vendredi dernier, une délégation de l’IER (Instance Equité et Réconciliation) composée de Mostafa Iznasni et du Dr. Nech Nach, s’était rendue à Figuig pour informer sa famille du lieux exact où avait ensevelie sa dépouille.
La même chose est valable pour une cinquantaine de familles habitant les régions du Sahara marocain, de l’Oriental et du Rich, entre autres.
Le même vendredi 7 octobre, Salah Elouadie, Latifa Jbabdi, avec d’autres membres de l’IER, s’envolaient à Laâyoune pour les mêmes fins et les mêmes missions qui concerneront des familles dans le chef-lieu du Sahara Marocain, mais aussi à Smara, Tan Tan et Boujdour. Ces délégations, selon une source de l’IER, devaient présenter leurs condoléances aux familles concernées, mais surtout leur remettre une fiche comportant toutes les informations relatives à chaque décès : date de début de la détention, lieu, date du décès, éventuellement les circonstances de ce dernier et,précieuse précision, lieu où gît la dépouille de telle ou telle autre victime.
Ce fut d’ailleurs l’une des principales revendications des organisations des droits de l’Homme au Maroc. Revendication devenue plus «insistante» depuis la mise en place de l’IER. Samedi 8 octobre, cette dernière instance a rendu public un communiqué où elle informe avoir bouclé une liste des ex-détenus morts dans trois centres de détention secrets : Tagounit, Agdez et Kelaât M’Gouna.
L’établissement de cette liste a été rendu possible, affirme l’IER, grâce aux longues investigations menées par ses membres et avec le concours des autorités locales et de témoins qui ont assisté au décès ou à la mise en sépulture. Pour la majorité des cas, ce travail d’identification a été facilité par des ex-codétenus comme ce fut le cas pour le « Groupe des 13 » et dont Fadma Moha Ouharfou, originaire d’Imilchil.
La liste rendue publique par l’IER comprend les noms de deux victimes décédées et enterrées à Tagounit et dont le célèbre Bassou Zayed Ouaâboud. Le cimetière du centre d’Agdez, lui, abrite les cendres de dix victimes identifiées alors que le reste a été localisé au cimetière de Kelaât M’Gouna avec une prédominance de victimes issues des régions du sud. Selon un ex-détenu de Kelaât M’Gouna, la majorité des victimes dont les tombes sont aujourd’hui localisées par l’IER ont été arrêtées et conduits dans ces centres entre 1973 et 1975.
Une autre source de l’IER affirme que le travail de finalisation de ces listes avait été entamé dès le mois d’août dernier et les touches finales consistaient à préparer une fiche pour chaque victime avant d’arrêter les modalités d’informer les familles. Pour cette première livraison, l’IER a choisi le contact direct, via ses membres, avec les familles.  Une approche qui va visiblement être adoptée pour la suite. Car, suite, il y aura, nous précise une source de l’IER, et d’autres listes seront dévoilées dans les jours, sinon les semaines à venir.
Les familles, informées de la localisation des tombes des leurs, pourront, dès qu’elles le voudront se déplacer pour faire leur deuil. Et, éventuellement, avoir la possibilité de transférer les cendres des leurs vers d’autres lieux de leurs choix.
La mission de l’IER prendra fin dans moins de deux mois. En attendant, de laborieux dossiers attendent d’être tranchés. Définitivement.

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