L’improvisation ne s’improvise pas

L’improvisation ne s’improvise pas

Ne jamais être pris de court, s’adapter à toutes les situations, répondre avec esprit aux questions les plus inattendues… Seul un très bon improvisateur s’en tirera avec panache. Et pourtant, réagir aux situations imprévues, cela s’apprend. Il s’agit, pour ce faire, de développer des aptitudes d’écoute, de présence, d’organiser sa pensée et de stimuler son imagination.
Michèle Taïeb, formatrice, comédienne et auteur d’Improviser aux Editions d’Organisation, dévoile ses méthodes d’apprentissage de l’improvisation.
Un prérequis indispensable pour improviser avec succès est d’être concentré. «La présence que montrent certains n’est pas une chose magique, explique Michèle Taïeb. Elle n’est que la preuve qu’ils se situent intensément dans l’instant présent». Concentration et implication sont donc des conditions sine qua non d’une bonne improvisation. Il ne s’agit pas de produire du vide, mais bel et bien de transmettre un contenu.
Deuxième préalable : "avoir une écoute active. On n’improvise pas sur rien." Il s’agit donc également de se défaire de ses a priori et de ne pas prêter à l’autre ses propres interprétations. C’est en ayant bien compris l’autre que l’on saura être pertinent.
Pour Michèle Taïeb, il est important de comprendre que l’improvisation ne fera jamais de miracle. «Il n’est pas question de partir chez un client sans avoir cadré les choses : ce que l’on veut, les arguments qu’il pourrait nous opposer…» La première chose à faire est donc de définir clairement l’essentiel du message que l’on veut transmettre.
Une fois que c’est fait, on peut libérer son imagination. Or pour cela, il faut se faire confiance. "Et la première étape, pour se mettre en confiance, est d’accepter le dérisoire dans ce que l’on produit." Il ne faut donc pas focaliser sur la peur du ridicule. Ce que Michèle Taïeb résume ainsi: «Evidemment, l’improvisation consiste à produire dans l’immédiat. Mais plus on s’est entraîné à jouer avec son esprit, plus on peut éviter les paniques, être sûr de soi et s’appuyer sur de bons réflexes». Pour stimuler son imagination et s’ouvrir des possibilités, la meilleure des méthodes consiste à se poser un certain nombre de questions. Il faut, dans l’ordre : examiner les circonstances,clarifier l’objectif et repérer les obstacles.
«Naturellement, il n’est pas possible de préparer le cœur de son improvisation, note notre experte. Ce qu’il est important de préparer, c’est son cadre». En l’occurrence, il convient de pouvoir s’appuyer sur une structure de discours, "comme sur un déambulateur", pour ne pas avoir à se soucier de l’organisation de ses idées et pouvoir se concentrer sur les idées elles-mêmes.
Ainsi que l’indique Michèle Taïeb, «on ne peut improviser dignement si on ne connaît rien du sujet. A l’inverse, en sachant trop de choses, elles risquent de se bousculer et de nous encombrer. Il est particulièrement utile, dans ce cas, de pouvoir se saisir d’un cadre». En voici les exemples les plus courants.

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