L’incident de trop

La séance des questions orales à la deuxième chambre du mardi 18 mai était chaude. Une prise de bec a opposé, Mohamed Bouzoubaâ, ministre USFP chargé des relations avec le Parlement et le chef du groupe parlementaire de la CDT, Omar Idrissi.
D’entrée de jeu, ce dernier demande la parole pour “porter à la connaissance les conseillers“, selon une disposition prévue dans le règlement intérieur de la Chambre, ce qu’il croyait être important à leur communiquer. On s’attendait à une information urgente, style une grève dans un secteur donné ou une bastonnade de manifestants… Au lieu de cela, le représentant de la CDT s’est lancé dans une diatribe contre le gouvernement qui selon lui n’a pas honoré ses engagements pris dans le cadre du dialogue social. Il n’en fallait pas plus pour qu’il appelle à une motion de censure pour faire tomber le gouvernement. Il se tourne vers ses collègues de l’opposition auxquels il demande leur concours dans ce projet.
Présent sous la coupole, le ministre Mohamed Bouzoubaâ monte au créneau pour répondre à ce qu’il estime être une provocation qui dégage un parfum électoraliste. En défenseur du gouvernement, il réplique en déclarant que ce genre d’attaques gratuites profitent aux “adversaires de la démocratie“. Sur ce, il est bruyamment interrompu par les vociférations des conseillers CDT qui frappent sur les pupitres en guise de protestation. Le chahut s’installe sous la coupole.
Suspension de la séance pendant 10 minutes pour désamorcer la crise. Uns réunion est convoquée dans le bureau du président en présence des chefs de groupes parlementaires, du ministre USFP et du 1er vice-président de la chambre Mohamed Fadili. On conclut au malentendu et on décide de reprendre la séance et de clore l’incident.
Mohamed Bouzoubaâ monte à la tribune pour rectifier le tir. “ En parlant d’adversaires de la démocratie, je n’ai visé aucun groupe parlementaire mais les ennemis du Maroc à l’étranger“, s’excuse-t-il. Il ajoute : “ C’est aux citoyens de juger le bilan du gouvernement“, en réaction à la critique de Mohamed Idrissi. “L’incident ne se serait pas produit si M. Bouzoubaâ avait fait cette réponse diplomatique dès le début“, explique un conseiller de la majorité. Pour lui, Il ne suffit pas de décréter la motion de censure pour qu’elle se réalise. Il faut l’adhésion des 2/3 de la Chambre que l’opposition ne peut pas aligner.
Un autre explique la sortie musclée de la CDT par l’amertume de la centrale de Noubir Amaoui pour n’avoir pas été associée aux négociations ayant abouti récemment à la décision de satisfaire les revendications personnel de l’enseignement.

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