L’Institut Pasteur sans chercheurs

A l’Institut Pasteur, les 27 chercheurs ne décolèrent toujours pas. Ils s’occupent de la recherche scientifique au sein de l’Institut sans que ce statut ne leur soit reconnu. Recrutés en 1996, sept d’entre eux sont payés sur le budget général de l’Etat alors que seize autres dépendent directement du budget de l’Institut. Ils sont, selon l’appellation qu’on leur a donnée, des assistants-médicaux, un statut créé à l’origine pour les infirmiers. Leurs collègues qui ont été recrutés à l’enseignement supérieur bénéficient eux, à grade égal, du titre d’enseignant-chercheur mieux rémunéré. Ils doivent patienter une vingtaine d’années pour pouvoir être promus au grade principal, une éternité pour jeunes chercheurs pleins d’ambition. Cette situation provoque un grand mécontentement chez une partie du personnel travaillant à l’Institut, ce qui déteint sur sa bonne marche. D’ailleurs, certains de ces chercheurs pensent de plus en plus quitter le Maroc pour aller s’installer dans des pays plus accueillants. Un premier départ a été déjà enregistré vers l’Arabie saoudite. La démotivation est donc totale. Le professeur Hassar, directeur de l’Institut Pasteur s’offusque de cette situation : «Comment voudra-t-on développer l’institution si on ne recrute pas de chercheurs? Les chercheurs doivent être considérés comme tels, avec les avantages qui correspondent à leur statut. Ils doivent avoir un plan de carrière. Or, nous avons recruté des scientifiques dont certains ont eu les titres d’administrateurs et d’autres d’assistants-médicaux. A l’Institut, il n’existe pas de poste de chercheur». Et le gros du problème se situe là. Comment, en effet, un Institut ayant pour mission, entre autres, de poursuivre des recherches sur les maladies infectieuses et parasitaires de l’Homme, des animaux et des plantes -un vaste chantier s’il en est- se trouve-t-il diminué de postes de chercheurs ? La question mérite d’être posée d’autant plus qu’environ 200 personnes ont recours quotidiennement aux services de l’Institut. Dans ce sens, l’Association des docteurs scientifiques de la santé à laquelle sont affiliés les chercheurs de l’Institut Pasteur et qui compte 250 personnes appartenant au ministère de la Santé et vivant la même situation, réclame au ministère un statut plus approprié. Si le blocage persiste sur l’appellation de chercheur, l’Association propose, pour contourner tout obstacle de quelle nature qu’il soit, un statut « d’attaché de recherche ». La balle est dans le camp du ministère de la Santé.

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