L’insuffisance rénale en question

L’insuffisance rénale en question

Vous vous souvenez certainement du drame de la jeune Marocaine Fatima Zohra Drif qui a perdu la vie sur une table d’opération en Egypte au mois de novembre 2006. Depuis ce temps-là, sa mère, Bahija Bensghir, qui ne cesse de réclamer justice, a engagé des poursuites contre le médecin égyptien qu’elle accuse de négligence. «Rien n’a encore bougé, mais je n’abandonnerai jamais le droit d’être informée sur les causes réelles de la mort de ma fille», déclare Mme Bensghir qui rentre à peine d’Egypte. Partie, voici trois semaines, pour suivre l’évolution juridique de l’affaire, elle a réalisé que la procédure allait prendre beaucoup de temps : «Les résultats de l’autopsie effectuée sur ma fille ne sont toujours pas prêts. On m’a dit que pour ce type d’examen, il faut attendre longtemps». Mme Bensghir a saisi, également, le syndicat des médecins en Egypte et en a reçu de bons échos: «Ce syndicat a adressé une lettre au médecin responsable de la greffe rénale qu’a subie ma fille pour l’exclure de cette instance. On m’a montré, d’ailleurs, cette lettre». Une mère qui se rassure, déterminée plus que jamais à dénoncer l’erreur médicale et surtout le faux espoir que font naître ces opérations de greffe d’organe dont l’origine n’est pas déterminée. Mais, pour que la tragédie de Fatima Zohra serve de leçon, il faudra d’abord informer le public sur les dangers que toute greffe d’organe illicite peut présenter. «Nous voulons mettre en garde les citoyens contre le commerce des organes humains», confie le Pr. Amal Bourquia, néphrologue, présidente de l’association «Reins». Lundi soir à Casablanca, cette dernière a organisé une rencontre invitant les citoyens à prendre le temps de réfléchir et d’adhérer à la nécessité de préserver leur santé. La Journée mondiale du rein, célébrée le 8 mars, sert d’occasion pour une sensibilisation à grande échelle. «Comment se portent vos reins ?», thème retenu pour 2007, adresse une question à toutes les personnes. Une question à laquelle on ne peut répondre sans avoir fait, auparavant, l’objet d’un diagnostic. C’est pourquoi l’association prévoit une caravane de sensibilisation au centre de santé Lissasfa à Casablanca durant toute la journée du jeudi. «Nous invitons le public à y venir pour évaluer l’état de santé de ses reins et pour s’informer sur les moyens de prévenir les maladies rénales», explique le Pr. Bourquia. Durant cette caravane, des ateliers de formation sont donc prévus pour exposer aux demandeurs les mesures d’hygiène et le régime alimentaire à suivre.
Les diabétiques sont une première cible de l’association «Reins», car ils sont les plus vulnérables et  risquent de développer une insuffisance rénale. La projection d’un film sur les maladies rénales est au programme ainsi qu’une séance ouverte de questions-réponses. L’association veut, par ce biais, mettre l’accent sur le «besoin urgent» que représente le dépistage précoce.
«Un patient, quelle que soit son assurance-maladie, souffre de beaucoup de complications de santé», affirme le Pr. Bourquia. Et de souligner que toute personne atteinte d’une insuffisance rénale doit suivre une dialyse et surtout ne pas recourir à une opération de greffe rénale qui ne respecterait pas l’éthique. C’est l’éthique qui fait d’ailleurs l’objet du second livre du Pr. Bourquia présenté à l’occasion : «Regard éthique : la greffe rénale au Maroc». Le message est clair : ne vous jetez pas dans la gueule du loup pour sauver votre vie !

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