L’intégration identitaire

Aujourd’hui Le Maroc : Quand est-ce que vous avez fondé l’Association marocaine de l’Amérique du Nord et quels sont les objectifs de cette association ?
Sallam Chahdi : L’Association marocaine de l’Amérique du Nord «North american Morrocan association» a été fondée en 1999 par un groupe de jeunes marocains installés aux Etats-Unis d’Amérique. Notre objectif, à travers la création de cette association, est de sensibiliser les Marocains résidant en Amérique du Nord, défendre leurs droits, apprendre la langue anglaise pour les nouveaux arrivants en vue de faciliter leur intégration dans la société américaine tout en sauvegardant leur identité culturelle. Dans ce cadre, et en collaboration avec d’autres associations arabes actives et américaines, nous organisons des journées d’études, des tables rondes et des séminaires sur des thèmes différents.
L’essentiel est de sensibiliser la communauté marocaine établie en Amérique du Nord, en particulier et arabe en général, en vue de l’unicité des rangs de cette communauté. Car, avec l’unicité, on peut avoir un poids à l’intérieur de la société américaine et, par ailleurs, nous aurons notre mot au moment des élections législatives et présidentielles auxquelles participent un grand nombre d’entre nous.
L’association édite un journal mensuel «Morrocan voice News papers» qui informe la communauté marocaine des derniers développements dans leurs pays en plus d’autres informations qui pourraient la concerner dans le contexte américain.
Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans vos actions associatives sur le terrain ?
Il y a d’abord un problème qui est lié à nous et à notre mentalité. En plus, un grand nombre de Marocains résidant en Amérique sont issus de l’immigration à travers la formule de la loterie qu’organisent chaque année les Etats-Unis d’Amérique, au Maroc et dans plusieurs pays du tiers-monde. Ces Marocains ont généralement un niveau d’instruction plus bas, une culture bornée et ne connaissent rien ou peu de choses sur la société et la culture américaine. Chose qui complique leur intégration dans la société américaine et rend également difficile le travail associatif avec eux et pour eux. Mais, avec les efforts de tous les Marocains, notamment les anciens résidant en Amérique, nous réussissons à surmonter cet handicap.
La situation après le 11 septembre ?
Les attentats du 11 septembre 2001 ont vraiment perturbé toute la société américaine. Et pour la communauté arabe établie en Amérique c’était une calamité. Plusieurs Marocains ont perdu leur travail après cette catastrophe. Certains ont été même obligés de rentrer définitivement au Maroc. Le racisme est devenu monnaie courante, notamment de la part de certaines minorités et des extrémistes. Et malgré le discours du Président américain Georges W. Bush, adressé au peuple américain, en vue d’instaurer un calme et une certaine confiance entre les différentes composantes de la société, la période était très difficile. Le ressortissant arabe était considéré comme un terroriste. Plusieurs altercations éclataient entre des Arabes et des Américains en ces moments, dans les rues, dans les lieux connaissant une forte affluence. Maintenant, les choses se sont améliorées et une certaine confiance est instaurée. Finalement, ils ont compris que les terroristes peuvent être de toutes les nationalités et de toutes les religions et non pas uniquement les Arabes et les Musulmans comme ils croyaient au départ.
Comment vous avez trouvé l’accueil à votre arrivée au Maroc ?
Il faut dire qu’un grand changement a été constaté au niveau des institutions, accueil, conseils, renseignements, etc. Les Marocains établis en Amérique rentrent par avion, et au niveau des aéroports, on trouve un accueil très chaleureux. Dès que l’avion de la Royal Air Maroc (RAM) décolle du sol américain, on se sent déjà chez nous. Ici, on constate la même chose dans les établissements auxquels on s’adresse pour une raison ou une autre. Mais, dans d’autres secteurs, commerce, tourisme, immobilier, on se comporte avec le Marocain résidant à l’étranger, d’une façon générale, comme un porteur de devise, un vacancier qui a apporté beaucoup d’argent, etc. Les transactions effectuées avec les Marocains résidant à l’étranger, notamment dans le secteur de l’immobilier, montrent que les prix pratiqués ont été assez exorbitants. On le sait, c’est une occasion pour que l’activité bouge dans certains secteurs, mais il faut qu’il y a un respect de la loi et de l’autre.
Comment vous voyez le Maroc d’Aujourd’hui ?
Nous suivons toujours les changements dans notre pays, à travers la presse et surtout sur Internet. Il faut avouer que nous sommes fiers, devant nos amis issus des autres pays arabes, des avancées réalisées au Maroc en matière de démocratie, de liberté d’expression et des droits de l’Homme. En l’espace d’une année, je constate qu’il y a de grands changements dans plusieurs domaines. Mais la question de notre participation aux élections législatives est très importante dans la mesure où ce sont les problèmes, de la communauté marocaine à l’étranger, qui vont être soulevés au Parlement. Nous voulons être représentés au Parlement comme nous représentons dignement notre pays à l’étranger.
Comme l’avait déjà souligné le Souverain, chaque fois qu’il reçoit, lors de ses déplacements, les membres de la communauté marocaine établie à l’étranger, nous sommes des ambassadeurs permanents du Maroc à l’étranger.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *