L’Intérieur veut revitaliser le centre historique de Casablanca

L’Intérieur veut revitaliser le centre historique de Casablanca

Un plan pour booster son potentiel est à l’étude

Le ministère de l’intérieur se penche sur le potentiel du centre historique de Casablanca. En effet, la tutelle travaille sur un plan de revitalisation de cette partie de la métropole appelée «quartier Art Déco». L’objectif étant de mettre en valeur ses différentes composantes identitaires que sont principalement son patrimoine architectural et paysager exceptionnel, ses espaces publics ainsi que la diversité de ses activités et fonctions, à savoir services, logement, ou encore équipements.

«Ce potentiel très riche du centre historique est appelé aujourd’hui à jouer pleinement son rôle de support au renforcement de l’offre culturelle, touristique et de loisirs de la ville de Casablanca», explique le ministère de l’intérieur. Pour y parvenir, l’Agence urbaine de Casablanca vient de lancer un appel d’offres pour «l’élaboration d’un plan de revitalisation du centre historique de Casablanca-Patrimoine du 20ème siècle» à la suite duquel il sera question d’intégrer ce centre dans la dynamique de développement urbain enclenchée à ses abords, à savoir la réhabilitation de la médina, Marina, Projet Wessal et son nouveau terminal de croisières mais également de faire du centre un espace de cohésion sociale et le support d’un développement urbain durable. Cette démarche accompagne aussi la volonté de renforcer l’identité culturelle de Casablanca et l’amélioration de l’attractivité de la ville à l’échelle internationale, notamment sur le plan touristique. La durée fixée pour la réalisation de cette étude est de six mois.

Guider l’action des gestionnaires de la ville

Cette partie de la ville a subi au fil des ans une dégradation qui ne passe pas inaperçue. Ainsi, le constat actuel des choses fait état de la vétusté et du vieillissement de son tissu urbain, de la détérioration de ses espaces publics due principalement à l’absence d’entretien et de nettoyage régulier, de la léthargie de ses boulevards historiques, notamment le Bd Mohammed V, et de la congestion du trafic automobile malgré la création d’une ligne de tramway, précise le ministère ajoutant à cela l’anarchie du secteur du transport collectif dominant notamment celui des grands et petits taxis et la problématique aiguë de stationnement.

Sans parler de l’infrastructure touristique et hôtelière en dégradation et de l’obsolescence de l’activité commerciale aggravée par l’arrivée en masse de vendeurs ambulants. Afin de surmonter cette situation, le centre connaît des opérations de requalification qui concernent en particulier le réaménagement de ses places historiques comme la Place administrative ou la Place des Nations Unies et la réhabilitation de sites et bâtiments patrimoniaux (Eglise Sacré-Cœur, Parc de la Ligue Arabe, Parc Yasmina, La Casablancaise, le Vélodrome, la villa Karl Fick). Néanmoins, le ministère de l’intérieur explique que ces actions ne s’inscrivent pas dans une «vision stratégique d’ensemble» mettant en avant la nécessité de doter le centre historique de Casablanca d’un plan de revitalisation qui permettra de guider l’action des gestionnaires de la ville dans le futur. L’objectif est double : il s’agit de faire de Casablanca une ville agréable et inclusive pour ses habitants et une destination touristique internationale attractive.

Dix actions à entreprendre et des projets de conventions dans le pipe

La feuille de route qui sera élaborée devra couvrir dix axes comprenant entre autres la mise en valeur du patrimoine architectural, urbain et paysager, l’amélioration du cadre bâti et de l’offre en logement, la requalification des grands axes et places historiques, la mise à niveau de l’espace public (mobilier urbain, éclairage public, végétal, eau, signalétique, Charte urbaine et paysagère), la production et la diversification d’une offre culturelle et de loisirs.

A ces actions s’ajoutent également la mise en tourisme du cœur de la ville, la production et la diversification d’une offre culturelle et de loisirs, l’amélioration de l’offre commerciale, l’optimisation des conditions de la mobilité et de l’offre en stationnement avec la mise en place d’un Schéma de circulation et de stationnement du centre historique. Parmi ces actions, le ministère prévoit également l’élaboration d’un schéma digital de communication et de promotion touristique dans le cadre de la digitalisation du centre historique de la métropole. Pour matérialiser les actions à mener, des projets de convention types seront également mis en œuvre et ce en fonction de la nature de l’action proposée et des partenaires concernés (Etat, collectivités, privé, particulier).

Médina et Derb Omar exclus

L’aire de l’étude concerne le centre historique de Casablanca nommé «quartier Art Déco». Cette partie de la ville abrite la plus forte densité de bâtiments patrimoniaux de la ville, précise le ministère de l’intérieur soulignant qu’elle compte des boulevards et des places historiques dont la trame urbaine a été élaborée au tout début du 20ème siècle. Le périmètre de cette étude exclut la médina qui fait l’objet d’un programme de réhabilitation et le tissu urbain qui touche les activités commerciales de Derb Omar.

Ce projet s’ajoute  à la panoplie de programmes que connaît la métropole ces dernières années la transformant en un chantier ouvert dont le Plan de développement régional du Grand Casablanca (PDGC 2015-2020), la convention relative à la valorisation et la préservation du patrimoine de Casablanca, le Projet de réhabilitation et de mise à niveau de la médina, le Plan de sauvegarde et de valorisation du patrimoine architectural, paysager et urbain de Casablanca, ou encore le Plan de développement régional du tourisme (PDRT) et le contrat-programme régional du tourisme à l’horizon 2020 (CPRT).

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