L’Opposition est-elle en voie de disparition ?

L’Opposition est-elle en voie de disparition ?

A lui seul, le Rassemblement national des Indépendants ( RNI), détient plus de 20% des sièges des présidents des chambres professionnelles, soit 21 présidents. Sa force de frappe se situe essentiellement au niveau des Chambres de Commerce, d’Industrie et des Services, dans lesquelles il dispose de 10 postes de présidents, soit presque 50% du nombre total des chambres dans lesquelles il détient la présidence. Ainsi, le parti des libéraux marocains, le RNI, vient de confirmer, une fois de plus, son hégémonie sur le secteur tertiaire, suivi du Parti de l’Istiqlal, qui dispose de treize postes de présidence, dont six appartiennent au secteur de l’artisanat. Une donne qui prouve l’enracinement de ce parti dans le milieu commercial traditionnel, mais qui n’exclut nullement sa présence dans mes autres chambres. L’Istiqlal a eu, en effet, 4 présidents dans les chambres agricoles et trois dans le secteur du Commerce, d’Industrie et des services. La mouvance populaire, en tant que bloc, est assurément la première force partisane dans les chambres professionnelles, avec 25 présidents, dont 16 appartiennent aux chambres d’agriculture. En dehors du PND ( Parti national démocrate), qui dispose de 7 présidents dont trois appartenant au secteur agricole, les formations de l’opposition perdent de plus en plus leur rayonnement et pouvoir d’attraction. L’UC (Union constitutionnelle) n’a eu que deux postes de présidents, l’un au niveau de l’artisanat, l’autre dans l’agriculture, ce qui dément la vocation libérale du parti et sa présence dans les domaines du Commerce, de l’Industrie et des services. La présence des socialistes demeure très moyenne dans les chambres professionnelles. L’USFP (Union socialiste des forces populaires) n’a pu avoir que 9 posters de présidents, dont 4 dans l’artisanat et trois dans l’agriculture. Ironie du hasard, deux personnes parmi les trois présidents du PPS ( Parti du progrès et du socialisme) sont issues du secteur agricole, l’une à Khémisset, l’autre à Oued Eddahab. Les nouveaux partis ont eu le même résultat acquis par les SAP, soit dix présidents de chaque côté. L’UD (Union démocratique) et Al Ahd ont eu respectivement 7 et 2 sièges de présidence, laissant à l’ADL ( Alliance des libertés) un seul poste de responsabilité, dans la Chambre d’artisanat de Khémisset Concernant les villes, il y a lieu de confirmer la présence imposante du RNI qui dispose de deux présidents dans les chambres de cette ville, alors que la mouvance populaire est fortement représentée à Tanger, avec deux présidents : un pour le MNP ( Mouvement national populaire), dans la chambre d’agriculture, l’autre appartenant au MP ( Mouvement populaire), l’autre à Dakhla dans la Chambre des Pêches Maritimes. Bref, en termes de rapports de forces politiques, il est évident que les partis de la majorité détiennent largement le monopole des chambres professionnelle, avec 63 présidents, contre neufs appartenant à l’opposition. Un fait qui, d’une part, corrobore la thèse de l’absence de l’opposition, depuis l’avènement du gouvernement d’alternance en 1998, et, d’autre part, rappelle l’existence de trois blocs politiques, la Koutla, avec 26 présidents (13 du PI, 9 de l’USFP, 2 du PPS et 2 d’Al Ahd), la Mouvance populaire, avec 25 présidents ( 12 MP, 7 UD et 6 MNP), et le RNI, en tant que formation de centre avec 21 sièges. Une configuration qui n’est pas loin de celle issue des élections législatives du 27 septembre. Reste à savoir, maintenant, si ce schéma est prêt à se reproduire le 12 du mois prochain.

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