L’opposition participe à l’élection

L’opposition participe à l’élection

Les élections pour le renouvellement du tiers du Sénat mauritanien, majoritairement favorable au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, ont eu lieu, dimanche, dans quinze circonscriptions électorales, avec la participation de l’opposition, a constaté l’AFP. La plupart des sénateurs sortants (45 sur 56), soutiennent le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, porté au pouvoir par un coup d’Etat militaire en août 2008, puis élu à la présidence en juillet 2009.
Les grands partis de l’opposition ont décidé de participer à ces élections, bien qu’ils rejettent «toute collaboration avec l’actuel pouvoir tant qu’il n’aura pas accédé à leur demande pour une enquête sur les fraudes» qui ont marqué, selon eux, la présidentielle.  
L’opposition a maintes fois dénoncé «les pressions» exercées, selon elle, par le pouvoir sur les conseillers municipaux pour les amener à voter pour l’Union pour la République (UPR), le parti au pouvoir. 
Dans certaines circonscriptions, l’UPR s’est allié au parti islamiste modéré Tewassoul, dirigé par Jemil Ould Mansour (4,7% des voix à la présidentielle). Les islamistes, qui se placent toujours dans l’opposition malgré cette alliance avec le régime, justifient cette attitude par leur volonté de «se positionner suivant les intérêts politiques» de leur parti. M. Ould Mansour fait ainsi valoir que son parti s’est allié avec l’opposition à Aleg (sud), fief du président renversé en août 2008, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Le parti islamiste faisait initialement partie du Front formé par les opposants au coup d’état. Mais il avait accepté les résultats de la présidentielle, en félicitant alors le président Ould Abdel Aziz pour sa victoire. Dix-huit sénateurs doivent être élus au suffrage indirect. Le collège électoral est constitué de conseillers municipaux qui choisissent le sénateur de leur circonscription. Le second tour, en cas de ballottage, aura lieu une semaine plus tard. Rappelons que lors des élections présidentielles, les observateurs de six organisations internationales présents sur place, dont l’Union africaine et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), se sont montrés satisfaits du déroulement du scrutin. Ils avaient  signalé tout de même des «insuffisances», comme la «présence parfois envahissante des forces de l’ordre et la présence de militants de certains candidats».
L’élection présidentielle avait permis à la Mauritanie de sortir de la crise politique dans laquelle elle était plongée depuis le coup d’état du 6 août 2008. Avec neuf candidats, l’élection s’annonçait ouverte, mais c’est Mohamed Ould Abdel Aziz, considéré comme le cerveau du putsch du 6 août, qui a remporté le scrutin au premier tour avec 52,58% des voix.
 Pendant sa campagne électorale, il avait annoncé déjà sa victoire au premier tour. L’opposition n’avait pas attendu les résultats pour déplorer des fraudes, mais elle semblait éprouver des difficultés pour en apporter des preuves.

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