«L’UC est un parti d’avenir»

Aujourd’hui le Maroc : M. Abied, en tant que parti affecté par les différents départs et mises à l’écart de ses cadres, comment l’UC prépare-t-elle les prochaines échéances électorales ?
M. Abied : Il y a une chose qu’il faut relever d’abord. A l’Union constitutionnelle, il n’y a pas eu de mises à l’écart ou des départs comme vous l’insinuez. On a eu le courage de procéder à des réglages pour la bonne marche des organes du parti. Mais tout cela est de la vieille histoire. On ne va pas à chaque fois nous dire que parmi nous, il y avaient des dirigeants qui ont été évincés. Deuxièmement, tout cela participe d’une dynamique que l’UC est entrain de faire fructifier aujourd’hui. Notre parti est solide, et est en mesure d’aller sans crainte aucune aux prochaines élections, avec sérénité et confiance… Encore faut-il que les élections se passent dans le respect des règles de l’art.
Les règles de l’art, c’est aussi en interne. Est-ce que l’UC a arrêté sa liste de candidats et est-ce qu’elle a pu régler sans grabuge, la guerre des têtes de liste ?
Arrêter la liste de candidats, c’est encore trop tôt. Les têtes de liste sont en grande partie connues. Mais il y a d’abord à souligner que tant que le découpage électoral n’est pas réglé définitivement, on ne peut arrêter les têtes de liste, ou plus généralement, les candidats.
Ce qu’on peut dire aujourd’hui c’est que le choix des têtes de listes se fait selon les normes démocratiques requises. Ce sont les fédérations qui font des propositions, mais c’est au bureau politique de se réunir pour statuer en tenant compte des remarques des uns et des autres.
Est-ce à dire que tous les militants peuvent se porter candidats, voire, pourquoi pas, têtes de liste…
Ce serait caricatural d’opter pour une chose pareille. Il n’y a certes pas de privilégiés chez nous, mais il y a des procédures auxquelles tout un chacun doit se soumettre. Et pour couper court à tout ce qui peut se dire à propos de nos candidats, je dois vous dire que la candidature des députés UC est acquise.
Tous les députés ?
Oui pour la bonne raison que ceux qui sont toujours députés UC le sont par conviction. Les départs auxquels vous avez fait allusion au début concernent ceux qui nous ont été imposés. Ils ont quitté le navire dès qu’on a basculé dans l’opposition. Seule exception pour les députés, ceux qui n’ont pas rempli correctement leur mandat, mais je pense qu’ils sont une infime minorité…
Ensuite, il nous faut rajeunir notre groupe de candidats. Et pour cela, on est en train d’étudier les profils des probables nouveaux candidats.
On nous reproche d’abriter des élus mal élus ou des élus corrompus. Or, jusqu’à preuve du contraire, on n’a aucun jugement, aucun verdict rendu contre l’un de nos élus et qui est encore membre UC. C’est la justice qui doit nous dire qui est corrompu, pas les racontars et les propagandes des adversaires politiques.
Donc vous n’aurez pas de problème de tête de liste ?
Pourquoi voulez-vous qu’on en ait ? Les choix vont être faits dans la rigueur et la transparence et aucun candidat ne bénéficie de privilège…
De quelles chances dispose l’UC en termes de futurs élus ?
D’abord cela dépend des élections et du niveau de transparence. Ensuite, personne ne peut dégommer de la carte politique un parti qui a une histoire et une présence géographique comme l’UC. Ceux qui croient que l’UC est une formation morte se trompent. Ceux qui pensent que l’UC ne survivra pas à l’opposition se trompent…
Donc vous êtes prêts à rester dans l’opposition ?
Ce n’est pas moi qui décide. Si les urnes veulent que l’UC reste dans l’opposition, on assumera nos responsabilités comme il se doit. Si on nous porte à la tête d’une nouvelle majorité, on assumera également nos responsabilités. Dans les deux cas de figure, l’UC ne disparaîtra pas.
Et que dit l’UC à propos de la nouvelle loi électorale et du découpage qui ira avec ?
Je dois dire en premier lieu que le gouvernement a tardé avant de nous présenter ses projets. D’ailleurs, on ne comprend pas pourquoi ces projets qui ne demandent ni fonds spéciaux, ni intendance particulière aient été retenus jusqu’à trois mois avant les élections. Alors qu’on aurait pu en débattre et trouver les meilleurs moyens de les peaufiner davantage.
J’ajoute ici que le gouvernement croyait que ces textes-là allaient passer en se basant uniquement sur sa majorité. Chose impossible puisque les partis de la majorité n’ont pas la même vision et pour notre part nous sentons le poids de la responsabilité. Les textes relatifs aux élections ne supportent pas de surenchères. Il s’agit de textes stratégiques. Et comme la majorité a finalement opté pour le choix de la concertation, on a apporté nos remarques, nos critiques et le tour est joué. Maintenant, reste le découpage et on donnera notre avis au moment opportun. Animés que nous sommes d’un esprit patriotique et confiant en nos chances…D’ailleurs, l’expérience de nos amis français est un bon signe.
Mais la droite marocaine a-t-elle les moyens de tirer profit de la victoire de la droite française ?
Absolument, il n’y pas de doute. Il y a certes un problème au niveau de notre communication, mais on palliera aux insuffisances…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *