L’UMA, des changements en l’air

Enfin, après quatorze années d’existence de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), ses dirigeants ont commencé à agir en tant qu’entité commune.
Les ministres des Affaires étrangères des cinq pays qui la composent ont tenu dimanche au Caire, une réunion informelle avant l’ouverture de la session extraordinaire du conseil ministériel de la Ligue arabe au niveau des ministres des Affaires étrangères.
Cette réunion à laquelle a participé Mohamed Benaissa, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a été consacrée à l’examen des modalités de coordonner les positions et d’échanger les points de vue sur l’ensemble des sujets à l’ordre du jour de la réunion extraordinaire convoquée par l’Egypte, tout particulièrement la crise irakienne.
Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA ont tenu dimanche matin, une réunion avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georges Papandréou, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE qui assiste en observateur à une partie de la réunion, à l’invitation du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
Selon des sources diplomatiques maghrébines, cette rencontre avec M. Papandréou s’inscrit dans le cadre de la coordination et de l’échange de vues au sujet des développements de la crise irakienne. Elle s’inscit dans le cadre des efforts visant à éviter au peuple irakien une frappe militaire et privilégiant l’option diplomatique pour la recherche d’une solution politique onusienne à cette crise. Cela nécessite plus de temps aux inspecteurs de l’ONU en désarmement pour accomplir leur mission en Irak. Cela dit, c’est aujourd’hui, 17 février que l’UMA fête son 14ème anniversaire. Un événement qui passe inaperçu pour les populations maghrébines et dont les objectifs initiaux restent à l’ordre du jour. Car, depuis sa création, à Marrakech, l’UMA n’a tenu que six sommets ordinaires (Tunisie/ 1990, Algérie/1990, Libye/1991, Maroc/1991, Mauritanie/1992, Tunisie/1994) et aucun sommet extraordinaire.
D’abord semestriels, ces grands rendez-vous maghrébins sont devenus annuels à partir de 1992.
De 1995 à 1999, ses activités ont été gelées pour soutien « indéfectible » de l’Algérie aux séparatistes du Polisario. Pourtant, dès sa création, l’Union du Maghreb Arabe avait proclamé que «toute agression visant l’un des pays membres sera considérée comme une agression contre tous les autres pays,» (article 14).
Mieux encore, l’article suivant du même traité stipule que «les Etats membres s’engagent à ne tolérer sur leur territoire aucune activité ou mouvement pouvant porter atteinte à la sécurité ou à l’intégrité territoriale d’un Etat membre ou à son système politique. Ils s’engagent également à ne pas adhérer à une alliance militaire ou politique dirigée contre l’indépendance ou l’intégrité territoriale des autres Etats membres» (Article 15).
Mais dans la réalité, ces engagements sont restés lettre morte sinon que c’est leur contraire qui s’est produit au fil des années.
Outre l’appel à la division du territoire marocain, les dirigeants algériens ont jugé nécessaire, en pleine crise avec l’Espagne, d’étaler leurs hostilités à l’égard du Maroc en rayant d’un seul trait les exigences du bon voisinage et les vérités de l’Histoire.
De février 1989 jusqu’à juin 2002, les experts maghrébins n’ont signé que 37 conventions couvrant divers domaines. Mais même à ce niveau, seules 7 conventions ont été ratifiées jusqu’à présent mais plusieurs donnes indiquent qu’il y a désormais, dans l’air, des prémisses de changement.

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