L’Unem appelle à la grève

Mohammed Benmessaoud, secrétaire général de la très contestée Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), s’impatiente. Au nom de tous les étudiants qui ont placé leur confiance dans le syndicat dont il a la charge, il annonce une action de grève pour pousser le ministère à tenir la promesse de la revalorisation des bourses, entre autres points d’un cahier des revendications pour le moins étoffé. Et se demande pourquoi les pouvoirs publics s’obstinent à refuser de reconnaître l’UNEM comme interlocuteur au niveau national, alors que, souligne-t-il, «l’administration des universités et des facultés ont compris qu’en collaborant avec nous, les problèmes pouvaient être réglés».
Ce à quoi M. Hassan Essiarab, en sa qualité de directeur de l’office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles, répond que l’année 2006-2007 a été marquée par une hausse de 11% du nombre de bourses attribuées pour un taux d’attribution de 93% ; en précisant que pour certaines régions, notamment celles défavorisées économiquement, le taux d’attribution atteint 100%. Hassan Essiarab ne manque pas d’admettre que le niveau de prestations dont bénéficient les étudiants n’a pas encore décollé du niveau minimum et que la colère des étudiants est tout à fait compréhensible. Mais il faut encore, dit-il, attendre que le ministère de tutelle finisse d’étudier le projet d’action soumis par l’Office, qui attend pour sa part le décret d’application qui lui permettra d’être pleinement opérationnel. Prenant acte de la bonne volonté de M. Essiarab, M. Benmessaoud revient pourtant à la charge : «Cette promesse nous a été faite l’année dernière, précisément le 25 janvier 2006 lors d’une conférence de presse. C’est cette année que normalement les bourses devaient être revalorisées ! Pourquoi ce retard que l’on ne daigne même pas nous expliquer ?». Au-delà de la question des bourses, c’est semble-t-il de la légitimité même du syndicat estudiantin dont il est question. Entre les militants de l’UNEM et les responsables publics le débat n’en finit pas de s’enliser.

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