Maghreb : Les demandeurs d’emploi tunisiens bienvenus en Libye selon Kadhafi

Maghreb : Les demandeurs d’emploi tunisiens bienvenus en Libye selon Kadhafi

Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a demandé à son gouvernement de permettre aux demandeurs d’emploi tunisiens de travailler sans entraves en Libye, au moment où la Tunisie est en proie à des troubles sociaux, a-t-on indiqué de source officielle. Le dirigeant libyen a demandé, selon l’agence libyenne Jana, que «toutes les entraves administratives et financières soient immédiatement levées pour permettre aux frères tunisiens d’entrer en Libye pour y travailler, faire du tourisme ou pour toute autre activité et qu’ils soient traités comme les Libyens». Ces instructions s’inscrivent, selon Jana, dans le cadre «des profonds liens sociaux et historiques» existant entre les peuples tunisien et libyen. La région de Sidi Bouzid, à 265 km de Tunis, est en proie depuis le 19 décembre à des troubles sociaux à la suite de la tentative de suicide d’un vendeur ambulant de fruits et de légumes, ce qui a provoqué une vague de manifestations dans plusieurs villes, dont Tunis. Des affrontements violents ont notamment opposé dans cette région du centre-ouest, au taux de chômage élevé, des manifestants et des agents des forces de l’ordre, faisant un mort, deux blessés et des dégâts matériels importants, selon le ministère de l’Intérieur. Dans un discours mardi soir, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a regretté les évènements de Sidi Bouzid et a en même temps dénoncé leur «instrumentalisation politique par certaines parties». Fin octobre dernier, la Tunisie et la Libye s’étaient mis d’accord sur la suppression des entraves à la circulation des biens et des personnes et décidé la création d’une zone économique franche à leur frontière commune. Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant de fruits et de légumes qui s’était fait confisquer sa marchandise par la police municipale, n’ayant pas les autorisations nécessaires, s’était aspergé d’essence pour s’immoler par le feu. Le chef de l’État s’est rendu, mardi après-midi, au chevet de Bouazizi, alité au centre médical des grands brûlés à Ben Arous, près de Tunis et il a reçu au Palais présidentiel la mère de ce jeune homme ainsi que d’autres familles de la région de Sidi Bouzid. Dans son discours, M. Ben Ali a dénoncé «l’ampleur exagérée qu’ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation, la fomentation et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie». «Il n’est donc pas possible, de quelque manière que ce soit, malgré notre compréhension, que nous acceptions l’exploitation de cas isolés, un événement ou une situation fortuite, pour la réalisation de visées politiciennes, aux dépends des intérêts de la communauté nationale, ses acquis et ses réalisations, et en premier lieu la concorde, la sécurité et la stabilité», a-t-il averti.

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