Mamoun Ghallab: «J’ai réduit ma production de déchets ménagers de 96%»

Mamoun Ghallab: «J’ai réduit ma production de déchets ménagers de 96%»

Entretien avec Mamoun Ghallab, président de l’association Zero Zbel

Cela fait 3 ans que j’ai adopté un mode de vie zéro-déchet, qui me permet de ne quasiment plus jeter de déchets. Cela est possible grâce à de petits gestes simples au quotidien qui permettent de réduire à la source nos déchets comme par exemple utiliser un panier en osier pour éviter les sacs en plastique.

ALM : Zero Zbel, c’est quoi ce nouveau concept ?

Mamoun Ghallab : Avant d’être une association, Zero Zbel était le nom d’un blog (créé en 2013) sur lequel je présentais la démarche qui m’a permis d’adopter un mode de vie zéro-déchet dans ma vie quotidienne (zerozbel.wordpress.com). A travers cette démarche, j’ai réussi à réduire ma production de déchets ménagers de 96% (de 12k g par mois à 0,5k g par mois).

Quels sont les débuts de l’association Zero Zbel ?

L’association Zero Zbel est née en 2016 de la convergence de plusieurs initiatives environnementales portées par les membres fondateurs. Aujourd’hui, elle a pour but de sensibiliser les jeunes marocains au respect de l’environnement et d’encourager au développement d’un esprit d’engagement citoyen qui leur permettra de proposer par eux-mêmes des solutions aux problèmes environnementaux qu’ils rencontrent au quotidien. Malgré notre nom très évocateur, les actions de l’association ne se limitent pas uniquement à la problématique des déchets. Nous voulons éveiller les consciences sur l’ensemble des problématiques environnementales qui touchent notre pays. C’est pourquoi nous avons choisi cette année de travailler aussi sur la problématique du changement climatique par exemple.

Comment vivez-vous vos convictions écolos au quotidien ?

Cela fait 3 ans que j’ai adopté un mode de vie zéro-déchet, qui me permet de ne quasiment plus jeter de déchets. Cela est possible grâce à de petits gestes simples au quotidien qui permettent de réduire à la source nos déchets comme par exemple utiliser un panier en osier pour éviter les sacs en plastique ; ne plus consommer de bouteilles en plastique pour l’eau (boire l’eau du robinet qui n’est pas plus nocive que l’eau en bouteille car le plastique aussi pollue l’eau) ; acheter des produits frais au lieu de produits emballés ; acheter la viande chez le boucher dans un tupperware en verre, au lieu de l’acheter dans un sac ou une barquette en plastique.

Et mis à part les déchets ménagers, y a-t-il d’autres pratiques quotidiennes à adopter ?

De nombreuses autres astuces sont disponibles sur notre page Facebook, et elles sont toutes très simples. En plus d’éviter les emballages, j’utilise du savon noir et d’autres produits naturels pour faire mes savons et autres liquides d’entretien ménager. Et pour pousser la démarche jusqu’au bout, je fais aussi du compost avec mes déchets organiques, que je réutilise ensuite comme engrais pour mes plantes.

Pensez-vous que les Marocains sont prêts à passer le cap et à changer d’habitudes?

Oui, je pense que le changement d’habitudes est possible au Maroc. Nous avons heureusement encore le souvenir de certaines anciennes habitudes qui étaient très efficaces pour éviter les déchets : c’est le cas de l’utilisation du panier en osier par exemple. Aussi, les sachets en plastique seront interdits au Maroc à partir du 1er juillet 2016.

Et en parlant de la campagne «Zero Mika» ?

C’est une opportunité pour montrer à nos concitoyens comment se défaire de la «culture du jetable» pour revenir vers des habitudes plus rationnelles et générant moins de déchets. De toute façon, l’éducation est un élément clé pour espérer aboutir à un changement significatif de nos habitudes. En tant qu’association, nous ciblons les jeunes et nous mettons en œuvre des actions qui favorisent un changement des mentalités, mais il est essentiel que le gouvernement aussi se saisisse du problème et qu’il intègre la composante environnementale dans les programmes scolaires.

A la veille de la COP22, quelle sera votre participation à cet événement planétaire ?

L’association Zero Zbel prépare un side-event qui aura lieu à Marrakech en parallèle de la COP22. Notre idée est de créer un espace au cœur de Marrakech où nous pourrons nous adresser directement aux jeunes, et donner aussi la parole à des jeunes porteurs de solutions intéressantes. L’idée est d’amener les messages de sensibilisation environnementale au cœur de la ville, pour sensibiliser aussi ceux qui n’auraient pas fait la démarche et les pousser à aller visiter l’enceinte officielle de la COP22.

Comment voyez-vous l’avenir d’un «Maroc post-COP22»?

A l’approche de la COP22, j’observe un fort engouement pour les sujets environnementaux, ainsi que l’annonce de nombreux projets «green» à Marrakech et ailleurs. C’est très positif, mais je crains que cet engouement ne retombe fortement après la COP22, une fois que l’attention de la communauté internationale sera retombée elle aussi.

Est-ce qu’il y a une prise de conscience ?

Certains acteurs de la société civile marocaine font leur possible cette année pour que la COP22 soit un catalyseur de prise de conscience environnementale, et le début d’une meilleure prise en compte de l’environnement au Maroc. Espérons que l’Etat soit lui aussi dans cette même optique, ce qui aiderait à pérenniser les retombées positives des efforts et des investissements énormes qui sont engagés en préparation de la COP22. Quelle que soit la situation post-COP22, l’association Zero Zbel est décidée à continuer son action et à contribuer à faire évoluer positivement les mentalités et le cadre législatif marocain.

Propos recueillis par
Maryem LAftouty
(Journaliste stagiaire)

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