Manhasset : L’offre d’autonomie en marche

L’année 2007 sera retenue comme une année cruciale dans l’évolution du dossier du Sahara. Un véritable coup de maître a été réalisé par le Royaume qui, au-delà de sa disposition naturelle au dialogue, a mis sur la table des négociations engagées les 18 et 19 juin dernier à Manhasset, une proposition crédible et audacieuse. En avril dernier, et suite à une campagne diplomatique menée à l’international, le Royaume a présenté son Initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara. Cette Initiative, résultat d’un large processus consultatif et démocratique, a été accueillie avec un enthousiasme inégalé, au point qu’elle a été saluée expressément par les deux résolutions du Conseil de sécurité, 1754 et 1783. L’adhésion franche, et massive, des grandes capitales du monde, dont notamment Washington, Paris et Madrid, a constitué un véritable plébiscite pour l’offre marocaine, présentée comme «une bonne base de discussion» pour les négociations lancées les 18 et 19 juin dernier à Manhasset, en banlieue new-yorkaise, et poursuivies dans le même endroit les 10 et 11 août de la même année. L’initiative, qui propose une autonomie élargie au Sahara, dans le cadre de la souveraineté marocaine, apporte une réponse adéquate aux attentes de la communauté des nations, d’autant plus qu’elle est «réaliste» et «réalisable». Elle ouvre d’innombrables opportunités et perspectives, aux plans aussi bien local, régional qu’international. D’abord, parce que l’offre d’autonomie, – qui permet à la population sahraouie de gérer elle-même ses propres affaires -, est une forme d’autodétermination. Elle est en mesure de mettre fin aux souffrances des populations des camps de Tindouf, permet la réunification et le retour de ces populations à la mère patrie, offre l’opportunité à la relance de la construction de l’espace maghrébin, et prévient les menaces de terrorisme, de trafics de tous genres, de crime organisé, d’émigration clandestine et de traite d’êtres humains ainsi que les risques d’instabilité dans la région sahélo-saharienne et méditerranéenne. Un argumentaire solide et d’autant plus irrésistible qu’il n’a laissé personne indifférent, excepté évidemment les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume, qui se sont exclus d’eux-mêmes en restant prisonniers d’une vision étriquée et dépassée par le cours des événements, à savoir le fameux «référendum d’autodétermination» qui a été jugé «inapplicable» par les Nations unies elles-mêmes. Le désarroi du Polisario, ou plutôt de l’Algérie qui le manipule, n’a d’égal que le succès indéniable de l’Initiative marocaine, qui a mis la partie adverse dans un désarroi absolu. Tant et si bien que cette partie s’est fourvoyée dans un dédale de paradoxes, appelant, d’un côté, à la reprise des négociations, et brandissant, de l’autre, la vieille nouvelle menace du «retour aux armes», entre autres provocations destinées à saper les efforts internationaux pour trouver une solution politique juste et équitable à un conflit vieux de trois décennies. A ce langage dépassé, le Maroc manifeste une sérénité remarquée et remarquable. Le Royaume sait qu’il est en position de force, et que les gesticulations inutiles du Polisario sont la conséquence de la déconfiture de sa direction face à l’indignation grandissante prévalant dans les camps de Tindouf. La population sahraouie séquestrée ne peut plus accepter de rester l’otage d’une direction corrompue, absolutiste et par-dessus narcissique. Elle sait que son avenir se trouve dans la mère patrie, au Maroc. Et seulement au Maroc.  


 2008 : Le chemin de la paix balisé


Quoi qu’en dise le Polisario, le chemin de la négociation s’avère irréversible. La stabilité de la région passe forcément par là. Tout le monde est conscient de cet enjeu. La dernière résolution du Conseil de sécurité (1783), qui a appelé à la poursuite du processus de Manhasset, a exhorté les parties au conflit à engager des négociations substantielles, en perspective du troisième round prévu les 7 et 8 janvier prochain. Le Royaume a appelé le Polisario à saisir l’opportunité historique qu’offre la proposition d’autonomie pour s’engager dans des négociations sérieuses, précisant que, exceptée la souveraineté marocaine sur le Sahara, tout peut être discuté. L’Algérie, qui continue d’exercer sa tutelle sur le Polisario, doit comprendre que la communauté internationale ne peut plus tolérer que le conflit perdure. Le Polisario doit, également, comprendre, que le langage de la menace est révolu. Inutile. Le Maroc ne peut donner plus qu’il n’a fait, à savoir un plan audacieux et tourné vers l’avenir. L’avenir de la population sahraouie, de la région maghrébine et du bassin de la paix, la Méditerranée.

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