Mansouri : «Il faut se fier aux statistiques»

Mansouri : «Il faut se fier aux statistiques»

ALM : Le taux de chômage a encore baissé par rapport à 2005. Comment expliquez-vous cette baisse ?
Mustapha Mansouri : Il est clair que l’année 2006 est une année exceptionnelle en terme de création d’emplois, notamment dans le domaine agricole, dans le tourisme et dans le BTP, grâce entre autres aux chantiers de l’habitat social. Nous avons eu une bonne année agricole. Donc, au niveau du milieu rural notamment, une forte activité a été enregistrée et cela a forcément eu une influence sur le taux de chômage en général. Mais il y a évidemment d’autres explications.

Quelles sont ces explications ?
Les différents chantiers d’infrastructure lancés au cours des cinq dernières années sont en effet arrivés à maturation et commencent à donner des résultats positifs. Ce qui a fini par produire une forte pression sur le taux de chômage en le ramenant à la baisse. Cette tendance est certes fondamentale, mais encore faut-il la maintenir. Nous avons par ailleurs initié plusieurs mesures pour encourager la création d’emplois. Il y a eu les Initiatives-Emploi grâce auxquelles nous avons pu insérer 30.000 jeunes dans le cadre du programme «Insertion». La deuxième mesure concerne tout ce qui est adéquation entre la formation et l’emploi et dont l’effet va se révéler à court terme. Nous avons également entrepris une troisième mesure pour encourager l’emploi des jeunes. Il s’agit du programme «Moukawalati» dans le cadre duquel nous avons jusque-là reçu plus de 8300 demandes.

Mais, paradoxalement, on enregistre une baisse du taux de l’auto-emploi. Comment expliquez-vous cette tendance ?
Il faut savoir que lorsqu’on parle d’auto-emploi, il ne s’agit pas uniquement de la catégorie de l’emploi en entreprise. Je vous donne un exemple : un agriculteur qui laboure son champ fait partie de la catégorie des auto-employés. Il faut par ailleurs prendre en considération le fait que les enquêtes se font généralement de manière antérieure. Quand je vous dis qu’il y a eu plus de 8300 dossiers déposés dans le cadre du programme « Moukawalati », il faut prendre en considération le fait que la création nécessite une période d’acclimatation et de formation des porteurs de projets avant le lancement des activités de l’entreprise. Ainsi, les effets réels au niveau de la création d’emploi ne vont se faire ressentir qu’au bout de trois mois au moins. Ce n’est donc qu’à partir du début de l’année 2007 qu’on peut commencer à mesurer l’impact de cette initiative.

Les statistiques du HCP font par ailleurs ressortir une légère hausse du taux de chômage entre le deuxième et le troisième trimestres 2006. A quoi cela est-il dû ?
J’insiste d’abord sur le fait qu’il faut se fier aux statistiques annuelles. En ce qui concerne cette légère hausse du taux de chômage, il faut donc garder à l’esprit qu’il s’agit-là de chiffres trimestriels. Le marché du travail a dû enregistrer un pic de l’emploi lors du deuxième trimestre, ce qui explique ce taux de chômage exceptionnel de 7,7 %. Mais je suis quasiment sûr et certain que lorsqu’on va faire la pondération de tous ces chiffres en fin d’année, le taux de chômage se fixera au-dessous de la barre des 10 %.

Quelles sont les catégories qui bénéficient le plus de la hausse en matière de création d’emploi ?
Au niveau des statistiques, nous enregistrons une bonne évolution quant à l’emploi de la main-d’oeuvre où les tendances en matière de création d’emploi sont toujours à la hausse. C’est malheureusement au niveau des diplômés que nous enregistrons un taux de chômage toujours élevé.

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