Marché solidaire : Un circuit de commercialisation des produits des coopératives à 16,5 MDH

Marché solidaire : Un circuit de commercialisation des produits des coopératives à 16,5 MDH

La mise en place de ce circuit commercial viendra promouvoir l’activité des coopératives et les rapprocheront davantage des consommateurs.

Casablanca se dote d’un marché solidaire. Inauguré mercredi par le Souverain, ce nouvel espace commercial est unique en ce genre. Il s’agit d’une expérience pilote venant pallier une problématique de taille relevée par le secteur coopératif, à savoir la commercialisation. Ainsi, les coopératives opérant dans le terroir et l’artisanat disposent aujourd’hui d’un propre carrefour où elles vendront de façon continue leurs produits. Cette initiative mise en place dans la perspective d’être généralisée à l’ensemble du territoire, coupera court avec l’anarchie causée par les intermédiaires. Elle vient également compléter les panoplies d’offres lancées par l’Etat pour booster l’activité des coopératives, notamment à travers la vente en ligne ou la participation des différents salons et foires au Maroc ou à l’international. «Contrairement aux salons qui sont limités dans le temps, cet espace se veut un marché permanent qui assurera une visibilité des produits à longueur de l’année.

Les coopératives y pourront présenter leurs produits de façon pérenne. C’est un espace sans intermédiaire de la coopérative jusqu’au consommateur», explique Abdelkarim Azenfar, directeur de l’Office du développement de la coopération, une structure membre dans le conseil d’administration de l’association qui gère ce projet. La création du marché solidaire a pour ambition de booster la compétitivité des coopératives qui dans leur ensemble sont des petits groupements ne disposant pas de fonds de roulement. La mise en place d’un circuit commercial viendra promouvoir leur activité et les rapprocheront davantage des consommateurs. Pour vendre dans cet espace, les coopératives doivent répondre aux conditions fixées par les instances qui gèrent ledit marché. Les produits pour leur part sont certifiés par les autorités relevant du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. La tarification est basée sur le prix de vente du producteur, assurant ainsi une équité commerciale. L’inauguration du marché solidaire s’inscrit dans le cadre du lancement de la campagne de la solidarité placée cette année sous le thème «Soutien des coopératives féminines, pour une production sociale et solidaire durable». Initié par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, ce projet porte sur un investissement de 16,5 millions de dirhams.

Aménagé en deux niveaux, le nouveau marché est une vitrine commerciale où seront exposées plus de 2.200 références de produits issus d’une centaine de coopératives. Les zones centrales de cet espace sont réservées aux produits du terroir au moment où les produits de l’artisanat seront exposés dans les zones latérales. Loin de son caractère commercial, le marché revêt un aspect social. Il est dédié à l’accompagnement des petites initiatives économiques particulièrement celles qui émanent des coopératives féminines. Un appui technique leur est offert notamment en termes d’équipement de process de production et de formation. En parallèle à l’inauguration du marché solidaire, un don en équipements a été remis à une vingtaine de porteurs de projets. Ils font partie des 167 projets ayant bénéficié de l’accompagnement de la Fondation Mohammed V pour la solidarité dans le cadre du programme 2016 d’insertion par les activités génératrices de revenu. Ce programme a concerné plusieurs villes du Royaume, en l’occurrence Jerada, Beni Drar, Midelt, Oujda, Meknès, Fès, Tétouan, Témara, Kénitra, Agadir et Casablanca.

Terroir : Plus de 200 produits recensés

La production nationale des produits du terroir est estimée à plus de 2,2 millions de tonnes. Ce volume générerait annuellement plus de 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaires.

Compte tenu de l’importance accordée aux produits du terroir et l’engouement sans précédent manifesté par les consommateurs marocains et étrangers, le Maroc a procédé au référencement de ces produits. Au total plus de 200 produits sont à ce jour recensés et caractérisés. Cette action vise en effet à mieux évaluer la production nationale qui est estimée à plus de 2,2 millions de tonnes.

Ce volume générerait annuellement plus de 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaires démontrant ainsi des potentialités dont recèlent ces produits. La demande en produit du terroir est en effet de plus en plus croissante. Chose qui a poussé le département de tutelle à élaborer des plans de développement spécifiques. La finalité est de promouvoir le développement et l’amélioration de l’offre en produits de terroir et d’assurer une bonne commercialisation aussi bien sur le marché national qu’à l’export. Compte tenu de cet élan donné, le secteur a connu d’importantes transformations. Sa modernisation est illustrée par l’instauration d’actions de mise à niveau des groupements de producteurs afin de répondre aux exigences du marché.

Un programme a été initié dans ce sens par le département de l’agriculture accordant une assistance aux producteurs en matière de qualité, de traçabilité, de packaging ainsi que de techniques de commercialisation et de marketing. Les partenariats ne cessent, quant à eux, de se multiplier. Des accords ont été signés dans ce sens avec les enseignes de grande distribution pour faciliter l’accès des produits du terroir aux grandes et moyennes surfaces. De même, les coopératives nationales ont été propulsées à l’international et ce à travers la participation aux grandes manifestations organisées dans les quatre coins du monde. Une occasion qui a permis à plus de 400 coopératives de s’ouvrir sur les marchés étrangers et découvrir les dernières tendances en termes de diversification et de commercialisation des produits.

Le secteur coopératif en bref

Le secteur coopératif est en dynamisme constant. Il reste principalement dominé par les coopératives agricoles. Elles représentent à elles seules deux tiers du tissu. Les premières coopératives au Maroc ont vu le jour à l’époque du protectorat. Elles ne dépassaient pas les 5.000 groupements et ce sur la période allant de 1920 à 2005. Ce n’est que vers la dernière décennie que le secteur a été clairement promu.

Une effervescence a été observée, en effet, entre 2005 et 2015. En 10 ans, le nombre de coopératives a triplé passant de 5.000 coopératives en 2005 à 15.000 en 2015. Cette dynamique est tirée par les programmes gouvernementaux qui ont fait de ces initiatives volontaires un partenaire de choix, notamment au niveau agricole ou artisanal. Notamment le Plan Maroc Vert qui est venu accorder une place de choix à ces petits groupements.

Le pilier II de la stratégie agricole a en effet donné une impulsion à l’agriculture solidaire. Les programmes inscrits dans ce sens ont permis l’émergence de nouveaux produits agricoles dont les produits du terroir ayant connu en peu de temps un rayonnement sans précédent aussi bien au niveau local qu’au niveau international.

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