Marchés aux puces en flammes

La bonbonne de gaz ou le court-circuit sont souvent à l’origine du drame, quand il n’est pas prémédité par des malfaiteurs. Chaque fois, d’énormes dégâts matériels sont occasionnés, et dans certains cas, des morts et des blessés. Des bilans lourds qui interpellent à plus d’un titre. Lundi matin, des dizaines de baraques ont été complètement détruites par un incendie qui s’est déclaré au souk Lisasfa dans la périphérie de Casablanca. L’incendie, qui n’a pas fait de victimes, a provoqué des dégâts matériels importants. Les causes du déclenchement du feu, qui a été maîtrisé par les éléments de la protection civile, demeurent encore indéterminées. Dernièrement, une quarantaine d’échoppes ont été ruinées par le feu dans le grand souk El Had à Agadir. Pendant le mois du ramadan dernier, environ cinq cents baraques ont été ravagées par un incendie qui s’est déclaré à la Joutia d’Aït Melloul, dans la préfecture d’Inzegane.
L’absence de bouches d’incendie aux alentours de la Joutia a compliqué la tâche des éléments de la protection civile qui ont dû s’approvisionner en eau loin du lieu du sinistre. Le pire a été évité. Le 30 octobre 2002, un autre sinistre a frappé les commerçants du marché Lakli’a de Bab Ftouh à Fès. Le feu est venu à bout de plus de cent soixante baraques. Selon l’enquête des services de la police, une bonbonne de gaz a été à l’origine de l’incendie au marché Lakli’a, situé à proximité d’un dépôt qui contenait environ 2000 bouteilles de gaz de 13 et 3,5 kilogrammes.
Pratiquement dans toutes les villes du Royaume, Casablanca, à Derb Ghallef, Lokréaâ, Sidi Othmane, Moulay Rachid, Mahammadia, Salé, Inzegane, Nador, ces genres d’incendies dans des lieux pareils, marchés aux puces, sont devenus monnaie courante. Les installations des échoppes sont souvent effectuées de manière non réglementaire et sans mesures de sécurité contre ces catastrophes, notamment en ce qui concerne le réseau électrique qui alimente l’ensemble du marché, en plus de l’utilisation des bonbonnes de gaz, soit pour l’éclairage, soit pour la préparation du thé, etc. Les communes et les autorités locales n’ignorent pas cet état de choses. Les commerçants installés dans ces marchés paient des redevances, taxes ou loyers, aux municipalités.
L’activité engendre des recettes importantes pour les caisses communales. Tant qu’il n’y a pas de problèmes, les responsables ferment les yeux et continuent de délivrer des autorisations pour de nouvelles installations. Et lorsque le drame arrive, ce sont les commerçants qui paient le prix. Le danger guette également les habitants limitrophes des marchés où cette activité bat son plein. Et tant que ces lieux existent, les risques ne sont pas écartés. Et pendant l’été, ces risques deviennent innombrables. La meilleure formule pour mettre un terme à cette anarchie est de procéder à l’organisation de ces marchés, à l’instar du célèbre souk Lokréâ à Casablanca.

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