Maroc-Catalogne : L’entente parfaite

Maroc-Catalogne : L’entente parfaite

Le gouvernement marocain a réservé au Président de l’Autonomie catalane, Pasqual Maragall, un accueil de haut niveau.
En visite à notre pays, pour trois jours (du 27 au 29 mai), Pasqual Maragall a un programme extrêmement bien garni. A l’instar de José Luis Zapatero, président du gouvernement espagnol, Maragall entame ainsi son premier grand voyage officiel comme président de la Generalitat. Avec des contacts au plus haut niveau, un agenda de conférences, débats pluridisciplinaires et rencontres à caractère économique on pourrait aisément parler d’un authentique sommet maroco-catalan. D’ailleurs, SM le Roi a accordé, jeudi à Agadir, une audience à Maragall à l’occasion de sa visite au Maroc. Hier, jeudi, Maragall a commencé par animer, aux côtés de plusieurs hauts responsables marocains dont Mohamed Benaïssa et André Azoulay, une conférence au sujet des « défis et espoirs » du titubant Processus de Barcelone qui tarde à se traduire en véritables mesures de partenariat entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée.
Aujourd’hui à Casablanca, Maragall participera avec le Premier ministre, Driss Jettou, à des forums, tables-rondes et autres rencontres sur un thème bien précis: les relations économiques entre l’Espagne et le Maroc, et spécialement le rôle central joué par l’Autonomie catalane. A noter, à ce sujet, que plus de 40% des investissements espagnols au Maroc sont effectués par des groupes et entreprises catalans, d’ailleurs les plus dynamiques d’Espagne. En outre, Maragall inaugurera la plate-forme du Consortium de Promotion Commerciale de Catalogne (COPCA), un organe dont le but est d’impulser le procès d’internationalisation des entreprises catalanes. En fait, l’intérêt que porte la Catalogne au Maroc, même s’il ne date pas d’aujourd’hui, est certainement soutenu par le contexte politique entre le Maroc et l’Espagne. C’est la raison pour laquelle la visite de Maragall a un double-sens. D’une part, perpétuer une tradition de « bonne relation » entre Barcelone et Rabat, instaurée par Jordi Pujol, ancien président de la Generalitat. La visite de Maragall a été programmée bien avant, mais elle a été retardée pour des raisons de protocole en raison du déplacement de Zapatero. D’autre part, pour des raisons purement catalanes, Maragall tient absolument à renforcer les relations entre sa région et le Maroc. Notons, à ce titre, que 30% des Marocains résidants en Espagne sont installés en Catalogne.
D’un point de vue purement politique, la Catalogne a toujours eu l’intention de jeter les ponts d’une relation politique, institutionnelle, avec le Maroc. La fermeture de la délégation catalane à Casablanca, n’est pas, au regard de certains observateurs, une remise en cause de cette volonté. Il va uniquement falloir attendre une révision de la Constitution espagnole et le statut des Autonomies, un chantier que Zapatero semble vouloir lancer.

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