Maroc-Espagne : la diplomatie parallèle

Alors que dans les milieux des forces du progrès et de la liberté en Espagne s’activent pour dissiper les nuages qui planent sur les relations avec le Maroc, dans les rangs de la réactions et des forces concervatrices , nostalgiques des temps des croisades, on persiste à envenimer ces relations. Bien entendu, depuis belle lurette, les rapports entre des composantes des champs politiques autonomes par rapport aux Etats des deux pays redoublent d’efforts pour trouver une solution juste et équitable aux problèmes qui se dressent devant cette entente. Dans cet ordre de démarches, le dirigeant de l’opposition socialiste espagnole (PSOE), Jose Luis Rodriguez Zapatero, se rendra les 19 et 20 décembre au Maroc, dans l’espoir de contribuer à apaiser la crise diplomatique entre Madrid et Rabat. M. Rodriguez Zapatero, qui compte notamment rencontrer S.M. le Roi Mohamed VI et le Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi, prévoyait d’effectuer ce voyage à la mi-novembre, mais il l’avait reporté en raison du regain de tension entre les deux pays. Le secrétaire général du PSOE avait affirmé jeudi dernier, au cours d’une conversation avec des journalistes, que sa volonté n’était pas « d’emmêler, mais au contraire de démêler » les difficiles relations hispano-marocaines. « J’espère que ce voyage contribuera, en même temps que les efforts du gouvernement, à dissiper les malentendus avec le Maroc « , a souhaité de son côté le porte-parole du Parti populaire (droite au pouvoir) à la Commission des Affaires étrangères du Congrès des députés, Gustavo De Aristegui, cité par l’agence Europa Press. Le quotidien conservateur ABC estimait au contraire dimanche que la visite de M. Zapatero constitue une « grave interférence » dans la politique extérieure de Madrid, ainsi que « le meilleur cadeau et le moins mérité » pour le royaume du Maroc. Les relations entre le Maroc et l’Espagne sont tendues depuis que Rabat ait rappelé le 28 octobre son ambassadeur à Madrid, pour protester notamment contre la position espagnole jugée favorable aux thèses des séparatistes du front Polisario . La colonisation de Sebta, Mellilia et les ïles zafariines ainsi que les problèmes socio-économiques liés aux secteurs de pêche et de l’émigration clandestine empoisonnent également les rapports entre le Maroc et l’Espagne. Ceci dit, il n’en demeure que malgré les réticences de certains lobby espagnoles , les deux partis de l’Internationale socialiste sont déterminés à jouer un rôle important dans le rapprochement entre les positions des deux pays. Une initiative qui pourrait s’avérer concluante dans les jours qui viennent . pour le bien et du Maroc et de l’Espagne . Mais encore faut-il que les autorités de ce derniers soient en mesure de saisir cette occasion.

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