Maroc-France, le temps est au beau fixe

Maroc-France, le temps est au beau fixe

«Entre la France et le Maroc, rien ne sera jamais banal», lançait Jacques Chirac lors de sa dernière visite d’Etat au Royaume. Les déclarations de Michel Barnier participent de cet esprit. Au terme de sa visite officielle au Maroc, la première du genre dans un pays arabo-musulman, il a réaffirmé le «partenariat d’exception» qui lie la France au Maroc.
La France, premier partenaire commercial et financier du Royaume, a plaidé pour un «statut avancé» du Maroc dans ses relations avec l’Union européenne, «à mi-chemin entre l’association et l’adhésion». La coopération entre les deux pays a été relancée grâce à un «conseil d’orientation et de pilotage du partenariat» (COPP), mis en place entre Mohamed Benaïssa et son homologue français.
Le COPP doit permettre de concentrer l’aide française, qui s’élève à 200 millions d’euros par an, sur quelques «secteurs-clés», a souligné le ministre français. Le COPP compte cinq comités mixtes, remplaçant les quatorze groupes de travail qui existaient auparavant, afin de mieux répondre aux «priorités» retenues: réforme du secteur éducatif, gouvernance et décentralisation, développement durable, modernisation du secteur privé et échanges culturels.
Au cours de sa visite, Michel Barnier a été reçu en audience, lundi au Palais Royal d’Agadir, par S.M le Roi Mohammed VI. Ils ont évoqué l’évolution de la situation en Irak, le conflit israélo-palestinien et le dossier du Sahara. Sa Majesté le Roi et Michel Barnier ont constaté «une large convergence de vues», selon un membre de l’entourage du ministre français, cité par l’AFP. Au demeurant, la question du Sahara a pesé sur le voyage de M. Barnier. Interrogé, lors d’une conférence de presse lundi à Rabat sur ses déclarations relatives à un rapprochement entre Rabat et Alger en vue de trouver une issue au conflit du Sahara, le ministre français a répondu qu’il «faut aller vers l’intégration du Maghreb». Il a cependant précisé que «le Maroc et l’Algérie, deux Etats souverains, n’ont besoin ni de tuteur, ni de mentor, ni de médiateur» pour parvenir à «une solution politique». La chaleur des déclarations du ministre français à l’égard du Maroc n’a pas été appréciée de tous. Elle a provoqué l’ire de certains journaux algériens. L’un d’eux, «L’expression», a critiqué sans mesure la France et le Maroc dans un article intitulé «L’ombre du Sahara occidental». L’auteur de cet article s’étonne, de façon puérile, des propos du chef de la diplomatie française. Il explique que «le Maroc éprouverait beaucoup de mal à continuer de revendiquer son fameux “statut avancé“ dans ses relations avec l’Union européenne». Et pourquoi ? «L’expérience démocratique algérienne est, de loin, la plus “avancée“ dans toute la rive sud de la Méditerranée». Des propos de ce type méritent le silence.

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