Maroc-Libye : Coopération recadrée

Maroc-Libye : Coopération recadrée

C’est sous la présidence du Premier ministre Driss Jettou qu’une délégation marocaine se trouve en Libye, depuis samedi dernier, pour donner une nouvelle dynamique à la réunion de la Haute commission mixte maroco-libyenne, dont les travaux de la dernière session, la sixième en son genre, se sont déroulés en 2000 à Casablanca.
Officiellement, l’ordre du jour de la session actuelle porte essentiellement sur les échanges commerciaux et la coopération en matière de douane, de l’industrie, des transports, de l’enseignement, de l’environnement, de la jeunesse, de l’habitat, de la communication, de la culture, de la main – d’oeuvre, de la santé et de la sécurité sociale.
Néanmoins, force est de constater que cette septième session revêt, également, une importance sur le plan politique.
En effet, cette session dépasse le cadre économique des rapports entre les deux pays, pour s’inscrire dans une optique stratégique.
Depuis la chute du régime irakien, il est devenu clair que les changements de cap sur les plans des politiques étrangères et options internes de certains pays du tiers-monde, notamment au sein du monde arabe, sont devenus une nécessité de premier ordre. Les dernières positions libyennes concernant la destruction d’une partie de son armement et son haut degré de flexibilité dans ses négociations avec les USA et la France au sujet du remboursement des familles des victimes de deux accidents d’avion dans lesquels des ressortissants Libyens auraient été impliqués traduit cette nouvelle volonté d’apaisement et de changements dans les relations diplomatiques. Le dernier Sommet des 5+5, réunissant, les 5 et 6 novembre dernier, les pays du Maghreb à cinq pays européens appartenant au bassin méditerranéen, a confirmé cette tendance, même si, sur le plan médiatique, un tel rapprochement n’a pas été assez élucidé. Un autre élément non moins important consiste en la nouvelle tendance libyenne en faveur du règlement définitif de la question du Sahara marocain.
En effet, juste après l’échec du sommet de l’UMA (Union du Maghreb arabe) tenu à Alger, le Guide de la Révolution libyenne, le colonel Mouamar El Khadafi, a annoncé que la question du Sahara marocain « figurera en tête des sujets qui seront abordés lors du prochain sommet de l’UMA qui se tiendra après la présidentielle algérienne ». Partant de ce fait, le Premier ministre,Driss jettou, qui avait pour mission, également, de remettre un message de SM le Roi Mohammed VI au président libyen, a affirmé samedi à Tripoli que la volonté commune du Maroc et de la Libye de développer et de promouvoir leur coopération bilatérale est à situer dans le cadre de leur détermination à consolider l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui constitue un choix irréversible pour faire face aux défis et gagner les paris de l’avenir.
Le Maroc compte donc sur le soutien libyen dans ses tentatives de paix adressée à l’encontre de l’Algérie. Des tentatives qui s’inscrivent dans le droit chemin de l’attachement à l’esprit et à la lettre des accords de Marrakech instituant l’UMA. Une position qui a d’ailleurs été approuvée par les dirigeants libyens qui n’ont pas cessé de mettre l’accent sur le caractère stratégique de leurs relations avec le Maroc.

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